Frise chronologique
15 000 ans (Paléolithique supérieur)
Occupation magdalénienne
Occupation magdalénienne
15 000 ans (Paléolithique supérieur) (≈ 1505000 av. J.-C.)
Grottes de la Garenne habitées par des nomades.
Iᵉʳ siècle av. J.-C.
Construction de l’oppidum gaulois
Construction de l’oppidum gaulois
Iᵉʳ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Rempart *murus gallicus* des Bituriges Cubes.
1566
Première mention écrite
Première mention écrite
1566 (≈ 1566)
*Histoire du Berry* de Jean Chaumeau.
Années 1960-1970
Fouilles intensives
Fouilles intensives
Années 1960-1970 (≈ 1965)
Découverte de l’aire cultuelle par Jacques Allain.
1990
Inauguration du musée
Inauguration du musée
1990 (≈ 1990)
Intègre une crypte archéologique avec vestiges *in situ*.
2022
Label Architecture contemporaine remarquable
Label Architecture contemporaine remarquable
2022 (≈ 2022)
Décerné par la DRAC Centre-Val de Loire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean Chaumeau - Historien |
Premier à mentionner Argentomagus en 1566. |
| Brochet de Vérigny - Préfet et érudit |
Fouilles du théâtre du Virou en 1820. |
| Jacques Allain - Médecin et archéologue |
Dirige les fouilles des années 1960-1970. |
| Gérard Coulon - Archéologue |
Fouilles de sauvetage avant la construction du musée. |
Origine et histoire
Le site archéologique d’Argentomagus, implanté sur le plateau calcaire des Mersans à Saint-Marcel, domine la vallée de la Creuse. Occupé depuis la Préhistoire, il fut un oppidum gaulois des Bituriges Cubes avant de devenir une cité gallo-romaine majeure, Argantomago, mentionnée sur la Table de Peutinger. Son théâtre, ses temples et son rempart murus gallicus (Ier siècle av. J.-C.) témoignent de son importance stratégique à la jonction du Massif central et du Bassin parisien.
Les premières mentions du site remontent à 1566 dans L’Histoire du Berry de Jean Chaumeau. Au XIXe siècle, des érudits locaux comme Brochet de Vérigny ou Nicolas Lenseigne explorent les vestiges, mais c’est dans les années 1960-1970 que les fouilles s’intensifient sous l’impulsion du docteur Jacques Allain. La création de l’ASSAAM (Association pour la Sauvegarde du Site Archéologique d’Argentomagus) en 1962 marque un tournant, aboutissant à l’abandon d’un projet immobilier au profit de la préservation du site.
Le musée, inauguré en 1990 après des fouilles de sauvetage dirigées par Gérard Coulon, intègre une crypte archéologique révélant des vestiges in situ. Classé « Musée de France » en 2003, il propose un parcours chronologique de la Préhistoire (grottes magdaléniennes de la Garenne, 15 000 ans) à l’Antiquité gallo-romaine, avec des reconstitutions (hutte de Lavaud, 1,1 million d’années) et des objets locaux. Son architecture contemporaine, labellisée « Architecture remarquable » en 2022, épouse les vestiges via des rampes en spirale accessibles.
Les fouilles ont exhumé un ensemble monumental : deux temples superposés, une fontaine sacrée, des domus, une basilique, et un sanctuaire dominant le théâtre. La ville, devenue fabrica armorum (fabrique d’armes) au Bas-Empire, était un carrefour routier relié à huit voies, dont certaines préromaines. La Creuse, navigable, complétait ce réseau. Les vestiges, classés Monuments historiques depuis 1964, bénéficient depuis 2015-2019 d’aménagements paysagers restituant leur contexte du IIe siècle, apogée du site.
L’ASSAAM joue un rôle clé dans la recherche, l’éducation et la valorisation du site, soutenant les Projets Collectifs de Recherche (PCR) et les expositions. Le musée, premier de site du Centre-Val de Loire, se distingue par sa muséographie interactive : films pédagogiques, manipulations (tablettes de cire, serrures romaines), et maquettes des monuments. Son parcours aborde la vie quotidienne (métallurgie, commerce, rites funéraires) et les cultes, illustrés par une statuette de Mercure en bronze.
En 2010-2011, une rénovation majeure modernise les espaces, intégrant des vitrages photovoltaïques. Le jardin romain, créé en 2004 avec 150 espèces antiques, et le belvédère offrant une vue sur les fouilles complètent l’expérience visiteur. Le site, aujourd’hui géré par la Communauté de Communes Éguzon-Argenton-Vallée de la Creuse, allie préservation scientifique et médiation grand public, invitant à un voyage de plus d’un million d’années.