Origine et histoire du Musée archéologique du Lac
Le musée archéologique municipal de Sanguinet, labellisé Musée de France, est dédié aux découvertes sous-lacustres réalisées dans l’étang de Cazaux-Sanguinet. Fondé sur les fouilles menées depuis 1978 par le CRESS (Centre de recherches et d'études scientifiques de Sanguinet), il présente des objets remontés des villages engloutis : Losa (gallo-romain, Ier–IVe siècle), l’Estey de Large (IIe siècle av. J.-C.), et Put Blanc (VIe siècle av. J.-C.). Les collections incluent pirogues, poteries, outils et mobilier archéologique, témoignant de 3000 ans d’occupation humaine avant la formation du cordon dunaire actuel.
Le musée abrite deux pirogues exceptionnelles (n°5 et 20), datées entre 1800 av. J.-C. et 1815, extraites en 2003 et restaurées par ARC-Nucléart à Grenoble. Plus de 33 pirogues en pin ou chêne, longues de 3,60 à 9,80 mètres, ont été identifiées depuis 1977, constituant un patrimoine unique en Europe. Ces vestiges, partiellement immergés pour leur conservation, illustrent l’évolution des techniques de navigation et des modes de vie lacustres, de l’âge du Bronze aux Temps Modernes.
En 2008, le musée a été réhabilité et agrandi pour accueillir ces pirogues et moderniser ses espaces. Les expositions s’appuient sur des films documentaires montrant les fouilles subaquatiques, ainsi que des reconstitutions expérimentales (travail du fer et du bois). Le site aborde aussi la géologie de l’étang, formé par l’avancée des dunes littorales, et son impact sur les communautés humaines locales, des premiers pêcheurs du VIe siècle av. J.-C. aux Gallo-Romains.
Les collections, placées sous la responsabilité du conservateur départemental, sont enrichies en continu par les plongeurs bénévoles du CRESS. Le musée met en valeur des céramiques, bronzes, et structures en bois (planchers, palissades), tandis que 37 pirogues restent in situ pour préserver leur intégrité. Un espace est dédié à Matocq, occupé dès 1800 av. J.-C., complétant la chronologie des habitats lacustres.
Ce projet scientifique et patrimonial, unique par son ampleur, repose sur une collaboration entre archéologues, bénévoles et institutions comme ARC-Nucléart. Il offre un éclairage inédit sur les adaptations humaines aux transformations environnementales, tout en sensibilisant à la protection des sites subaquatiques, fragiles et riches en enseignements.