Origine et histoire du Musée archéologique
Le musée archéologique Saint-Laurent est installé dans une ancienne église romane du XIIe siècle, située à Grenoble sur les vestiges d’une nécropole gallo-romaine. Désacralisée en 1983, elle devient un musée en 1986 après des fouilles archéologiques menées depuis le XIXe siècle. Le site, classé Monument historique depuis 1977, révèle un empilement d’édifices, dont la crypte Saint-Oyand du VIe siècle, joyau du lieu.
L’église Saint-Laurent, reconstruite au XIIe siècle sur une église carolingienne du IXe siècle, elle-même édifiée sur une église funéraire du VIe siècle, témoigne de l’évolution des pratiques religieuses et funéraires. Le prieuré bénédictin, actif jusqu’en 1790, a connu des transformations majeures, notamment sous l’impulsion des moines de Saint-Chaffre au XIe siècle. Le site, étudié dès 1803 par Jacques-Joseph Champollion, frère de l’égyptologue, a bénéficié de l’intervention de Prosper Mérimée pour son classement en 1850.
Les fouilles archéologiques, initiées en 1978 sous la direction de Renée Colardelle, ont mis au jour plus de 1 500 sépultures datant du IVe au XVIIIe siècle, ainsi que 3 000 objets (céramiques, orfèvrerie, verrerie). Ces découvertes permettent d’étudier l’évolution des rites funéraires, des croyances religieuses et des conditions de vie des populations grenobloises sur 16 siècles. La crypte Saint-Oyand, classée dès 1850, est l’un des rares monuments du haut Moyen Âge conservés en élévation en Europe.
Le musée, rouvert en 2011 après d’importants travaux, propose une scénographie immersive avec des passerelles en verre et acier, des projections lumineuses et des bornes interactives. Il met en valeur les strates architecturales, des mausolées gallo-romains aux fortifications médiévales, en passant par les transformations monastiques. Le parcours invite à découvrir l’histoire du site à travers ses vestiges, ses sépultures et ses objets, tout en respectant l’intégrité des fouilles.
La gestion du musée, propriété de la Ville de Grenoble, a été confiée au Conseil départemental de l’Isère en 1992. Le site, labellisé Musée de France, accueille des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques et des événements culturels. Il offre une plongée dans l’histoire funéraire et religieuse de Grenoble, depuis les premiers temps du christianisme jusqu’à l’époque moderne, en passant par les périodes carolingienne et bénédictine.
Parmi les découvertes marquantes figurent un squelette du XIIIe siècle présentant une malformation congénitale rare, des traces de tuberculose médiévale, et des analyses isotopiques révélant les régimes alimentaires et les pratiques d’allaitement. Ces études anthropologiques et paléopathologiques enrichissent la compréhension des modes de vie, des croyances et des défis sanitaires des populations passées.