Origine et histoire du Musée Baron-Gérard
Le musée d'Art et d'Histoire Baron-Gérard (MAHB), labellisé Musée de France, est installé depuis 1900 dans l’ancien palais épiscopal de Bayeux, attenant à la cathédrale Notre-Dame. Il doit son nom à Henri Alexandre Gérard (1818–1903), député et mécène dont la donation en 1899, incluant des œuvres de David, Gros et François Gérard, forma le noyau des collections. Le palais, remontant aux XIe–XVIe siècles, fut entièrement restauré et agrandi avant sa réouverture en 2013, doublant sa surface d’exposition.
Les collections, riches de 800 pièces archéologiques, 600 œuvres d’art (peintures de Van der Goes, Boucher, Caillebotte, etc.) et 2 500 porcelaines et dentelles, retracent l’histoire de Bayeux de la préhistoire à l’époque contemporaine. Le parcours muséographique, organisé en 14 étapes, met en valeur des espaces remarquables comme la chapelle épiscopale de la Renaissance avec ses peintures murales du XVIIe siècle, ou la salle des audiences du tribunal du XIXe siècle. L’accent est mis sur le patrimoine local, notamment la dentelle et la porcelaine de Bayeux, industries florissantes aux XVIIIe–XIXe siècles.
Fondé en 1793 sous la Révolution pour protéger des biens saisis, dont la Tapisserie de Bayeux, le musée fut d’abord installé dans la Galerie Mathilde avant de s’établir dans le palais épiscopal. La réorganisation de 2013 intégra une extension contemporaine, permettant un dialogue entre architecture historique et œuvres, comme les primitifs italiens confrontés aux créations gothiques locales. Le MAHB s’inscrit aujourd’hui dans le triptyque Bayeux Museum, aux côtés de la Tapisserie (classée Mémoire du monde par l’UNESCO) et du Mémorial de la Bataille de Normandie.
Parmi les figures clés, Arcisse de Caumont, archéologue fondateur, et Henri-Alexandre Gérard, donateur majeur, ont marqué son histoire. Le musée conserve aussi des traces des activités artisanales locales, comme la dentelle — dont Bayeux fut un centre majeur au XIXe siècle — et la porcelaine, produite de 1812 à 1951 par les familles Langlois, Gosse et Morlent. Les collections du XXe siècle incluent des estampes de Vlaminck ou Matisse, ainsi que des céramiques Art nouveau et Art déco.
Le statut de Musée de France du MAHB a été renforcé en 2017 par une convention reconnaissant l’unité de sa collection avec la Tapisserie de Bayeux. Ce lien souligné par l’État consacre la complémentarité entre un joyau médiéval et un musée d’art et d’histoire, tous deux ancrés dans l’ancien palais épiscopal, symbole du patrimoine normand.