Origine et histoire du Musée Benoît-De-Puydt
Le musée Benoît-De-Puydt de Bailleul a été fondé en 1859 grâce au legs de Benoît De Puydt, un riche collectionneur et greffier natif de la ville. Ce dernier avait rassemblé toute sa vie des objets d'art reflétant la culture flamande, allant du XVe au XIXe siècle. À sa mort, il offrit sa collection à la ville de Bailleul, à condition qu'un musée et une académie d'art y soient créés. Le musée ouvrit ses portes en 1862 dans la rue des Choux, aujourd'hui rue du Musée De Puydt, sous la gestion de Charles Allo, un proche de De Puydt.
Le musée fut gravement endommagé pendant la Première Guerre mondiale, notamment en 1918, lorsque 80 % de ses collections furent perdues, pillées ou détruites. Grâce à la loi de réparation des dommages de guerre, une partie des collections fut reconstituée après 1919, avec l'acquisition d'œuvres flamandes et d'objets décoratifs. En 1934, le musée rouvrit dans un bâtiment reconstruit par l'architecte Louis Roussel, dans un style néo-flamand, rappelant l’esprit d’une maison de collectionneur.
Les collections du musée sont variées et éclectiques, à l’image des cabinets de curiosités du XIXe siècle. On y trouve des porcelaines chinoises et japonaises, des faïences de Delft et de Bailleul, des tapisseries, des peintures flamandes, espagnoles et françaises, ainsi que des œuvres du peintre local Pharaon de Winter. Une salle est dédiée au folklore flamand, et le musée abrite également des sculptures, des meubles anciens, des dentelles et des céramiques, couvrant une période allant du XVe au XXIe siècle.
Parmi les œuvres majeures exposées figurent L’Extraction de la pierre de folie de Herri Met de Bles, L’Adoration des Mages de Pieter Brueghel le Jeune, et des autoportraits de Pharaon de Winter. Le musée a bénéficié de nombreux dons et legs au fil des années, notamment ceux de Rosa de Winter en 1984 et d’Émile Hié en 1987, enrichissant encore ses collections. Depuis les années 1990, le musée organise des expositions temporaires et poursuit une politique d’acquisition ciblée, notamment autour de la peinture flamande et de l’œuvre de Marguerite Yourcenar.
Aujourd’hui, le musée Benoît-De-Puydt est un lieu culturel incontournable des Hauts-de-France, labellisé Musée de France. Il témoigne de l’histoire locale et de l’héritage flamand, tout en offrant un aperçu de l’éclectisme des collectionneurs du XIXe siècle. Sa reconstruction après la Première Guerre mondiale et les efforts continus pour préserver et enrichir ses collections en font un symbole de résilience et de patrimoine vivant.