Origine et histoire du Musée-bibliothèque
Le musée-bibliothèque Pierre-André-Benoit est installé dans le château de Rochebelle, une bâtisse néo-classique située à Alès. Ce domaine, connu depuis le Moyen Âge sous le nom de Brouzenc, prend le nom de Rochebelle vers 1700. En 1758, il est décrit comme une grande maison carrée avec plusieurs appartements, une chapelle et une galerie. Le château doit son style actuel à François-Pierre de Tubeuf, concessionnaire des mines de Rochebelle, qui l’acquiert en 1790 et lui donne son aspect néo-classique.
Au XIXe siècle, le château devient la résidence des directeurs des houillères, qui modernisent son décor intérieur et extérieur, ajoutant notamment une aile nord. En 1976, la ville d’Alès acquiert la propriété et l’aménage entre 1986 et 1988 pour y installer le musée-bibliothèque Pierre-André-Benoit, inauguré en 1989. Ce musée abrite une collection d’art moderne et contemporain, centrée sur le livre illustré, issue du don de Pierre-André Benoit (1921-1993), imprimeur, sculpteur et poète alésien.
Les collections du musée incluent des œuvres de grands artistes comme Picasso, Braque, Miró et Alechinsky, ainsi que près de 425 livres d’artistes. Ces œuvres reflètent l’abstraction des années 1950 à 1970 et l’œuvre ultime de grands maîtres contemporains. Le musée met en avant le petit format, une passion de Pierre-André Benoit, visible dans ses propres créations et dans les arts graphiques exposés. Le château de Rochebelle a été choisi pour son similitude avec la dernière demeure de Benoît, le Château Moderne à Rivières-de-Theyrargues.
Le musée propose également des expositions temporaires, mettant en lumière des artistes majeurs comme Picasso, Braque, Jean Arp ou Anne Slacik. Ces expositions s’appuient sur les collections permanentes, qui incluent peintures, sculptures, estampes et livres rares. Le parc du musée abrite aussi des œuvres en métal et béton, ainsi qu’une roseraie remarquable au printemps.
Le château de Rochebelle, avant de devenir un musée, a abrité des évêques d’Alès et des directeurs de houillères, reflétant l’histoire industrielle et religieuse de la région. Son décor néo-classique, en partie en ciment, reprend les éléments ajoutés par les différents propriétaires, notamment les directeurs des houillères qui ont enrichi le domaine au XIXe siècle.