Origine et histoire du Musée
Le musée Cognacq-Jay est un musée municipal de la Ville de Paris, né du legs d'Ernest Cognacq, fondateur des Grands Magasins de la Samaritaine avec son épouse Marie-Louise Jaÿ. À sa mort en 1928, Cognacq lègue à la ville une collection d'art du XVIIIe siècle ainsi qu'un immeuble boulevard des Capucines pour l'abriter. Le musée ouvre ses portes en 1929, avant d'être transféré en 1990 dans l'hôtel de Donon, un hôtel particulier du Marais entièrement restauré.
L'hôtel de Donon, construit à la fin du XVIe siècle, est un exemple d'architecture Renaissance française, avec une toiture évoquant une carène de navire. Acquis par la Ville de Paris en 1974, il est restauré pour accueillir les collections Cognacq-Jay, qui incluent des peintures, sculptures, porcelaines et objets d'art du XVIIIe siècle. Le musée recrée des ambiances intimistes, avec des boiseries et un mobilier d'époque, reflétant le goût bourgeois du début du XXe siècle pour l'art des Lumières.
La collection, réunie entre 1895 et 1925, comprend des œuvres majeures de Chardin, Boucher, Fragonard, Tiepolo, et des pastels de La Tour. Elle est complétée par des expositions temporaires explorant des thèmes liés au XVIIIe siècle ou à son héritage. En 2024, le musée est victime d'un vol de cinq tabatières, retrouvées l'année suivante. Géré par Paris Musées depuis 2013, il reste un témoignage unique de l'art de vivre au siècle des Lumières, vu à travers le prisme d'un collectionneur du XXe siècle.
L'hôtel de Donon, classé Monument historique, a une histoire riche : construit pour Médéric de Donon, contrôleur des Bâtiments du roi, il passe entre les mains de plusieurs familles avant d'être acquis par la Ville de Paris. Sa restauration a permis de redonner vie à un patrimoine architectural exceptionnel, tout en offrant un écrin adapté aux collections du musée.
Les expositions temporaires, comme Le siècle de Watteau (2008) ou Luxe de poche (2024), ainsi que des interventions d'artistes contemporains (comme Christian Lacroix en 2015), enrichissent la programmation. Le musée met en lumière l'influence durable du XVIIIe siècle sur les arts et la société, tout en préservant l'esprit intimiste et éclectique de la collection originale.
Collection
Le musée rassemble des collections de peintures de Nicolas de Largillierre, Jean Siméon Chardin, Rembrandt (Balaam et son ânesse, 1626), Ruisdael, Canaletto, Giovanni Battista Tiepolo (Le banquet de Cléopâtre, vers 1742-1743), Élisabeth Vigée Le Brun, Jean-Baptiste Greuze, François Boucher, des pastels de Maurice Quentin de La Tour et de très beaux dessins de Watteau...