Origine et histoire du Musée d'Allard
Le musée d'Allard trouve son origine dans le cabinet de curiosités de Jean-Baptiste d’Allard (1769-1848), un naturaliste amateur montbrisonnais. À partir de 1810, il rassemble près de 16 000 spécimens d’histoire naturelle (minéraux, végétaux, animaux naturalisés, objets ethnographiques) dans sa demeure, transformée en musée municipal à sa mort en 1848. Son jardin, agrandi pour abriter ses collections, et sa réputation — notamment pour ses colibris — marquent les débuts de l’institution.
Au XXe siècle, le musée évolue vers une spécialisation dans les jouets, notamment les poupées. Dans les années 1950, une exposition temporaire sur les poupées anciennes rencontre un tel succès qu’une collection permanente se constitue. Sous l’impulsion du conservateur Daniel Pouget (années 1970), le musée acquiert des poupées du monde et des objets ethnographiques religieux, tout en modernisant ses espaces. La rénovation des années 1970-1980 permet aussi d’intégrer des taxidermies européennes.
En 2005, le musée recentre ses collections sur l’entreprise locale GéGé, fabricant emblématique de jouets (poupées Mily, Dolly, trains, dînettes). L’exposition permanente Jouets, jouez, etc. (2007) met en scène ces objets dans un parcours évoquant l’histoire industrielle de Montbrison. Parallèlement, la section Beaux-Arts, composée de peintures (XVIe–XXe siècles), sculptures et gravures, et la galerie d’histoire naturelle (herbiers, momies, spécimens) conservent leur place, rétablissant un équilibre thématique.
L’hôtel particulier des d’Allard, en bordure du jardin éponyme, reste un témoignage architectural du XIXe siècle. Classé Musée de France, il allie patrimoine scientifique (fonds historique de botanique, zoologie), mémoire industrielle (GéGé) et art, reflétant l’évolution des musées de société depuis 1848.