Origine et histoire du Musée d'art et d'archéologie
Le musée d'art et d'archéologie de Senlis est installé dans l'ancien palais épiscopal de la ville, un bâtiment classé monument historique depuis 1964. Ce palais, dont les premières mentions remontent au XIIe siècle, a connu de multiples transformations, notamment avec l'ajout d'une chapelle au XIIIe siècle et d'une galerie Renaissance au XVIe siècle. Il a servi de résidence épiscopale, de tribunal, puis de musée à partir de 1867, avant d'être entièrement restauré et réouvert en 2012.
Le musée trouve ses origines dans les collections réunies par le Comité archéologique de Senlis, fondé en 1862. Ce comité, composé de châtelains et d'ecclésiastiques, rassemble des objets issus de fouilles locales, notamment des arènes gallo-romaines et du temple de la forêt d'Halatte. En 1867, ces collections sont transférées dans la chapelle du chancelier Guérin, au sein du palais épiscopal, marquant l'ouverture du premier musée senlisien.
En 1876, la municipalité crée un second musée, distinct du premier pour des raisons politiques liées à l'anticléricalisme de la Troisième République. Ce musée municipal, d'abord installé à l'hôtel de ville, se spécialise dans les beaux-arts et s'enrichit grâce à des dons, comme ceux de Paul Marmottan et Alphonse de Rothschild. En 1934, il est transformé en musée de la Vénerie, dispersant une partie des collections historiques.
Le musée d'art et d'archéologie actuel est le résultat de la fusion des collections du Comité archéologique et du musée municipal. Après des décennies de déménagements et de fermetures, notamment pendant les guerres mondiales, le musée s'installe définitivement dans l'ancien palais épiscopal en 1989. Les travaux de restauration menés entre 2007 et 2012 ont permis de réhabiliter des espaces comme la chapelle du chancelier Guérin et la galerie Renaissance.
Les collections du musée couvrent une large période, allant de l'âge du fer à l'époque moderne. Parmi les pièces majeures figurent des vestiges gallo-romains, comme le socle en bronze de la statue de l'empereur Claude, des sculptures médiévales, et des œuvres d'artistes locaux comme Thomas Couture et Séraphine Louis. Le musée abrite également des vestiges archéologiques in situ, comme les fondations d'une domus gallo-romaine et des éléments de l'enceinte gallo-romaine de Senlis.
Le palais épiscopal lui-même est un témoignage architectural remarquable, intégrant des éléments datant du XIIe au XVIIIe siècle. Ses salles voûtées, sa chapelle et sa galerie Renaissance illustrent les différentes phases de construction et d'utilisation du bâtiment. Aujourd'hui, le musée propose un parcours chronologique et thématique, mettant en valeur à la fois les collections et l'histoire du lieu qui les abrite.