Origine et histoire
Dans les années 1930, un groupe d’érudits, dont Roger Rodière, fonde un musée dans la citadelle de Montreuil-sur-Mer pour préserver les vestiges de son histoire. Fermé pendant la Seconde Guerre mondiale, il rouvre dans la chapelle d’un ancien orphelinat. Les collections, enrichies par des dons et des achats, proviennent surtout des églises détruites à la Révolution française, reflétant le patrimoine religieux et artistique local.
En 1983, l’hôtel particulier Acary de la Rivière, légué par Mary Wooster avec son château, devient le nouveau siège du musée. Ce bâtiment néoclassique de 1810, aux façades ornées de sculptures et colonnes antiques, illustre l’architecture ostentatoire de l’époque. Son plan symétrique, avec un avant-corps circulaire et un fronton triangulaire, en fait un exemple remarquable de l’urbanisme montreuillois du début du XIXe siècle.
Le projet actuel vise à restaurer l’hôtel dans les règles de l’art, en préservant ses façades et en ajoutant une extension pour l’accessibilité. Les travaux respecteront la volonté de Mary Wooster : transformer la demeure en un centre culturel accueillant expositions, conférences et manifestations artistiques. Les collections, allant de l’archéologie gallo-romaine aux peintures du XIXe siècle, témoignent de la vie quotidienne et de la ferveur religieuse des Montreuillois.
Parmi les trésors exposés figurent des objets liturgiques, des monnaies et sceaux exhumés lors de fouilles, ainsi qu’une série d’aquarelles d’Alexandre Nozal, héritier des peintres de Barbizon. Ces œuvres, mêlant impressionnisme et fauvisme, illustrent l’« école de Montreuil », un courant artistique local qui a marqué la région. L’hôtel, dernier construit dans la ville, symbolise aussi le mécénat de familles aisées comme les Acary de la Rivière.
La décoration intérieure, inspirée de l’Antiquité avec draperies et motifs militaires, contraste avec la sobriété de la façade arrière. Les espaces nobles, organisés en enfilade, s’opposent aux communs réservés aux domestiques, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque. Aujourd’hui, le musée perpétue la mémoire de Montreuil-sur-Mer, de ses églises disparues à son rayonnement culturel.