Origine et histoire du Musée d'art et d'histoire
Le musée d'art et d'histoire de Lisieux est abrité dans une des dernières maisons à pans de bois du XVIIe siècle de la ville. Labellisé Musée de France, il présente l’évolution de Lisieux depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à la Reconstruction post-Seconde Guerre mondiale. Ses collections incluent des peintures murales gallo-romaines, des verres mérovingiens issus de la nécropole Michelet, ainsi que des objets liés à l’industrie textile du XIXe siècle et à la vie quotidienne du Pays d'Auge.
Le musée conserve des œuvres majeures comme des tableaux de Gustave Courbet, Francis Picabia et Eugène Boudin, ainsi qu’une collection exceptionnelle de céramiques du Pré d'Auge, produites entre le XVe et le XVIIe siècle. Ces pièces, souvent glaçurées de vert et d’ocre, illustrent à la fois un artisanat local luxueux et des objets du quotidien. Une salle est dédiée à l’essor industriel de Lisieux (1850–1875), tandis qu’une autre évoque la destruction de la ville à 80 % lors des bombardements de juin 1944 et sa reconstruction.
Fondé en 1833 sous l’impulsion de François Guizot, alors député de Lisieux, le musée s’appuyait initialement sur des dépôts d’État et des dons de collectionneurs. Après la destruction de ses collections en 1944, il fut reconstitué à partir de 1945 grâce à des objets sauvés, des fouilles archéologiques et des acquisitions. En 2003, il obtint le label Musée de France et rouvrit en 2013 avec une muséographie modernisée. Aujourd’hui, il joue aussi un rôle pédagogique, proposant des ateliers pour les scolaires et un centre de documentation spécialisé.
Parmi les pièces phares, on trouve la crosse de Pierre Cauchon, évêque de Lisieux connu pour avoir présidé le procès de Jeanne d’Arc, ainsi que des portraits d’évêques ayant marqué l’histoire locale. Le musée abrite également des archives médiévales, comme un cartulaire de l’évêché du XVe siècle et des pavages romans. Une fresque interactive et des maquettes illustrent la reconstruction d’après-guerre, tandis qu’une vue aérienne géante permet de visualiser l’évolution urbaine de Lisieux.
Le musée met en lumière des figures locales emblématiques, telles que Thérèse Martin (canonisée en 1925), Paul Cornu (pionnier de l’hélicoptère), ou encore l’ornithologue Émile Anfrie. Il conserve aussi des témoignages de la vie quotidienne avant 1944, comme des prospectus publicitaires, des costumes traditionnels du Pays d’Auge (coiffes, châles en cachemire), et des bijoux normands. Ces éléments illustrent la richesse culturelle et artisanale de la région avant sa destruction.
Depuis 1977, les collections ont été unifiées sous une seule direction, enrichies par des fouilles, des dons et des acquisitions ciblées. Le musée collabore avec le Château-Musée de Saint-Germain-de-Livet et le Musée du Vieux Manoir d’Orbec au sein du pôle muséal de Lisieux Normandie. Son centre de recherche, ouvert aux étudiants et aux particuliers, offre un accès à des ressources en archéologie, histoire locale et patrimoine, renforçant son rôle de préservation et de transmission.