Origine et histoire du Musée d'art et d'histoire
Le musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc trouve ses origines dans les saisies révolutionnaires de 1794, lorsque les autorités confisquèrent les biens du clergé et des nobles émigrés. Ces œuvres furent d'abord entreposées dans la bibliothèque du collège de Saint-Brieuc, sous la responsabilité d'Odio-Baschamps, nommé bibliothécaire et chargé du projet de musée. En 1806, le préfet Boullé réclama l'ouverture au public, mais les collections restèrent inaccessibles jusqu'au milieu du XIXe siècle, faute de moyens financiers.
Sous le Second Empire, Édouard Nimier, bibliothécaire et conservateur de 1852 à 1884, enrichit les collections grâce à des dons de l'État. En 1883, le musée fut transféré dans des salles de l'hôtel de ville, où il devint accessible au public. Léon Brandt, conservateur de 1900 à 1935, structura les collections et publia le premier catalogue en 1906, marquant un tournant dans la gestion du musée.
Au XXe siècle, Émile Daubé (1936-1961) dynamisa le musée avec des expositions temporaires et un inventaire complet. René-Yves Creston (1961-1964) réorienta les collections vers l'ethnographie bretonne, mais le musée connut une période difficile après sa mort. En 1981, sous l'impulsion du maire Yves Le Foll, le musée fut installé dans l'ancienne caserne de gendarmerie, inaugurée en 1986. Depuis, il allie expositions temporaires et conservation du patrimoine local.
Les collections couvrent l'archéologie, les beaux-arts, l'ethnologie et l'histoire des Côtes-d'Armor, avec des pièces majeures comme des œuvres de Mathurin Méheut, des métiers à tisser traditionnels et des objets liés à la vie maritime et agricole. Le musée s'engage également dans des projets numériques, comme la publication de ses données en open data, et a obtenu le label Culture libre en 2024.
L'ancien collège du Paradis, où furent entreposées les premières collections, fut construit entre 1620 et 1623 sur l'emplacement de l'actuel musée. Ce lieu, autrefois dirigé par l'évêque de Saint-Brieuc, devint un dépôt pour les œuvres saisies pendant la Révolution. Le pavillon de Bellescize, classé monument historique en 1970, servit aussi d'entrepôt avant le transfert définitif dans les locaux actuels.
Aujourd'hui, le musée se consacre à la valorisation des arts et traditions populaires, tout en intégrant des approches modernes comme les coding gouter et les editathons. Il reste un acteur clé de la préservation de la mémoire locale, entre patrimoine historique et innovations culturelles.