Origine et histoire du Musée d'art et d'histoire
Le musée d'Art et d'Histoire de Toul trouve ses origines en 1872, date de sa création dans une partie de l’ancien palais épiscopal, partagé avec la mairie. Détruit partiellement par un incendie en 1939, il est reconstitué après-guerre grâce au Cercle d’Études Locales du Toulois. En 1985, il s’installe définitivement dans la Maison-Dieu, un édifice fondé au Xe siècle sous l’épiscopat de saint Gérard (963-994), dont la chapelle gothique du XIIIe siècle, classée monument historique en 1980, témoigne de son passé hospitalier.
Le musée expose un riche patrimoine archéologique, allant de la préhistoire au Moyen Âge, avec des objets issus des fouilles locales. Ses collections incluent des tapisseries flamandes du XVIe siècle (comme l’histoire de Salomon et de la Reine de Saba), des faïences de la manufacture de Toul-Bellevue (XVIIIe–XIXe siècles), et des œuvres picturales des XVIIIe et XIXe siècles. Une salle est dédiée aux icônes russes, inaugurée en 2008, tandis que d’autres espaces évoquent l’histoire militaire (uniformes de 14-18) et la vie rurale traditionnelle.
La faïencerie de Toul-Bellevue, fondée en 1756 par Charles François et dirigée par la famille Aubry, illustre l’artisanat local. Le musée doit une partie de sa renommée à Michel Hachet, conservateur à partir de 1985, qui a enrichi les collections de pièces uniques. En 2019, l’établissement est rebaptisé musée d’Art et d’Histoire Michel-Hachet en son honneur. La Maison-Dieu, avec sa cuisine reconstituée et ses vestiges gothiques, offre un cadre exceptionnel pour retracer l’histoire touloise, des soins médiévaux à l’art contemporain.
Parmi les pièces remarquables figurent le surhuméral, un fragment textile rare lié à quatre évêques, et des instruments comme le monocorde de Poussot. Les expositions permanentes mêlent archéologie (nécropoles médiévales, mobilier gallo-romain), beaux-arts (tableaux de Friant, Le Barbier), et sciences naturelles (minéralogie, ornithologie). Le musée, labellisé Musée de France, incarne la diversité culturelle de la Lorraine, de l’Antiquité à la Belle Époque.