Origine et histoire du Musée
Le musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (mahJ) est installé dans l'hôtel de Saint-Aignan, un hôtel particulier du XVIIe siècle situé dans le Marais (Paris 3e). Ce bâtiment, construit en 1644-1650 par l'architecte Pierre Le Muet pour Claude de Mesmes, comte d'Avaux, fut modernisé en 1688 par Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, avec l'ajout d'un jardin à la française dessiné par André Le Nôtre. Saisi pendant la Révolution, l'hôtel devint un immeuble artisanal avant d'être restauré dans les années 1990 pour accueillir le musée, inauguré en 1998.
Le mahJ hérité partiellement du musée d’Art juif de Paris (fondé en 1948 par des survivants de la Shoah) et de collections historiques comme celle d’Isaac Strauss, offerte en 1890 au musée de Cluny. Ses collections couvrent le Moyen Âge au XXIe siècle, avec des objets rituels, des manuscrits, des œuvres de l’École de Paris (Chagall, Soutine, Modigliani) et des archives sur l’affaire Dreyfus (3 000 documents donnés par sa famille). Le parcours muséographique articule chronologie, géographie et thèmes pour illustrer la diversité des communautés juives d’Europe et du Maghreb.
L’hôtel de Saint-Aignan, classé monument historique en 1963, est un chef-d’œuvre de l’architecture classique française. Sa cour d’honneur, ses façades à pilastres colossaux et son escalier d’honneur reflètent le faste aristocratique du Grand Siècle. Après des siècles de transformations (surélévations au XIXe siècle, occupations artisanales), sa restauration a redonné vie à ses décors originaux, comme les fresques attribuées à Rémy Vuibert. Le musée y déploie aujourd’hui 12 000 objets, dont des stèles funéraires médiévales découvertes en 1849 rue Pierre-Sarrazin, témoignages archéologiques majeurs de la présence juive à Paris avant les expulsions de 1306 et 1394.
Les collections permanentes explorent des thèmes comme la vie religieuse (Shabbat, Hanoucca, Pessa’h), les cycles de vie (naissances, mariages), et l’histoire des communautés ashkénazes et séfarades. Une salle est dédiée à l’affaire Dreyfus, avec une statue moderne de Tim et des croquis de procès. Le mahJ abrite aussi une médiathèque, un auditorium, et des œuvres contemporaines comme l’installation de Christian Boltanski rendant hommage aux artisans juifs déportés en 1942.
Le musée met en lumière l’apport des Juifs à l’art et à la culture française, notamment à travers l’École de Paris et des artistes comme Chagall ou Modigliani. Ses fonds documentent aussi la renaissance culturelle juive en Europe au début du XXe siècle, le sionisme, et la vie des communautés disparues d’Europe de l’Est. Une approche ethnographique complète ce panorama, avec des objets du Maghreb, de l’Empire ottoman et du Moyen-Orient, illustrant la diversité des traditions juives en diaspora.
Depuis son ouverture, le mahJ a enrichi ses collections via des acquisitions ciblées (art maghrébin, photographie contemporaine) et des dépôts d’institutions comme le Louvre ou le musée d’Orsay. Il joue un rôle clé dans la préservation de la mémoire juive, tout en s’ouvrant à des questions universelles comme l’exil, l’intégration et la transmission culturelle. Son logo, redessiné en 2016 par l’atelier Doc Levin, symbolise cette double mission : ancrage historique et dynamisme contemporain.
Collection
Le musée présente une collection d'objets de culte parmi les plus importantes au monde, ainsi que de riches fonds historiques et ethnographiques. Le MAHJ conserve ainsi 2 700 documents sur l'affaire Dreyfus, donnés par la famille du capitaine Dreyfus.
Une place importante est consacrée à la présence juive dans les arts avec des peintres de l'École de Paris (Chagall, Kikoïne, Soutine...) et des artistes contemporains (Christian Boltanski, Sophie Calle...).