Origine et histoire du Musée Louis-Senlecq
Le musée d’art et d’histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam trouve son origine dans l’initiative du docteur Louis Senlecq, maire de la ville, chirurgien et passionné d’art et d’histoire régionale. En 1939, il fonde l’« Association des Amis de L’Isle-Adam », dont les statuts sont publiés au Journal Officiel le 20 juillet de la même année. L’objectif était de créer un musée dédié à l’histoire locale et aux figures artistiques ayant marqué la ville. Bien que la Seconde Guerre mondiale interrompe temporairement le projet, l’association reprend ses activités dans les années 1950, et les premières expositions voient le jour dans les années 1970. Les collections, initialement constituées grâce à des dons de proches du fondateur, s’enrichissent ensuite par des legs de descendants d’artistes, de collectionneurs et de mécènes, ainsi que par des acquisitions et des dépôts d’institutions nationales comme le Louvre ou le musée d’Orsay, à partir de 1992.
Le musée s’installe dès 1939 dans une partie de la Maison des Joséphites, un bâtiment du XVIIe siècle (1661) commandé par le prince Armand de Bourbon Conti pour abriter une communauté de prêtres enseignants. Ce n’est qu’en 1950 que les collections y sont ouvertes au public, dans quelques salles municipales. Dans les années 1990, une campagne de travaux permet au musée de s’étendre sur trois niveaux, avant sa fermeture en 2006 pour rénovation. Pendant cette période, ses activités se poursuivent dans une annexe : le Centre d’art Jacques Henri Lartigue, inauguré en 1998 dans l’ancienne propriété de la famille Fritz, liée à l’histoire du fermier général Bergeret de Grancourt. Ce centre témoigne de l’amitié entre le photographe Jacques Henri Lartigue et le maire Michel Poniatowski, qui a œuvré pour la valorisation du patrimoine local.
Les collections du musée couvrent des thèmes variés, de l’École des bords de l’Oise (avec Jules Dupré) à l’urbanisation de L’Isle-Adam au XVIIIe siècle, en passant par des fonds exceptionnels comme ceux de Jules Romain Joyant, un aquarelliste inspiré par Venise, ou d’Édouard Knecht, pionnier de la lithographie. Des manufactures locales de terres cuites (Hanne, Le Guluche) et des créations d’orfèvres art déco (Christian Fjerdingstad) illustrent aussi l’artisanat et l’industrie artistique de la région. Enfin, les donations de Jacques Henri Lartigue, totalisant plus de 1 400 œuvres, ont permis la création d’un espace dédié à cet artiste, renforçant le lien entre le musée et l’art moderne.
Le musée Louis-Senlecq est labellisé Musée de France et reste un acteur clé de la préservation de la mémoire locale, mêlant histoire, art et patrimoine industriel. Son ancrage dans l’ancienne Maison des Joséphites, classée monument historique, et son extension vers des espaces contemporains reflètent une volonté de concilier héritage et modernité, tout en mettant en valeur des figures majeures comme Bergeret, Fragonard ou Lartigue, indissociables de l’identité de L’Isle-Adam.