Origine et histoire du Musée d'art et d'industrie
Le musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne trouve ses origines en 1833, lorsque la municipalité décide de créer un fonds pour un futur musée, sans lieu dédié. En 1846, un bâtiment est construit par Étienne Boisson pour abriter la sous-préfecture, puis transformé en Palais des Arts pour accueillir le musée et la bibliothèque municipale. En 1851, la collection est enrichie par l’acquisition d’armes du maréchal Oudinot, marquant un tournant vers une vocation industrielle et artistique.
En 1889, sous l’impulsion du conseiller municipal Alfred Colombet, le musée est officiellement fondé sous le nom de Musée d’Art et d’Industrie, réunissant beaux-arts et arts industriels. Marius Vachon, nommé premier conservateur, en fait un outil économique pour les industriels locaux, notamment les dessinateurs de rubans et les armuriers. Le musée devient un lieu de conservation, de formation et d’émulation, lié à l’École Régionale des Arts Industriels de Saint-Étienne.
Au début du XXe siècle, malgré des difficultés liées aux transformations industrielles, le musée s’enrichit de collections variées (émaux, ivoires, céramiques) grâce au legs Ogier. À partir de 1947, sous la direction de Maurice Allemand, il s’oriente vers l’art moderne et développe de nouveaux départements, comme le cycle et la mine. Dans les années 1970, Bernard Ceysson accentue cette politique avec des acquisitions d’art contemporain, soutenues par la fondation Casino.
En 1987, le musée essaimera sur trois sites, dont le Musée d’Art moderne et le Musée de la Mine, recentrant le site historique sur ses collections industrielles emblématiques : armes, cycles, rubans et textile. Une rénovation complète, achevée en 2001 sous la direction de Nadine Besse, modernise l’espace et réaffirme sa vocation de musée de société, mêlant patrimoine traditionnel et design contemporain.
Aujourd’hui, le musée abrite la deuxième collection d’armes de France, après celle du musée de l’Armée à Paris, ainsi que la plus grande collection mondiale de rubans. Ses expositions mettent en lumière l’histoire industrielle stéphanoise, des premières armes à feu aux innovations cyclistes, en passant par la rubanerie, symbole du savoir-faire local. Des démonstrations de métiers à tisser et des parcours interactifs renforcent son ancrage dans la transmission des techniques traditionnelles et modernes.
Le bâtiment lui-même, initialement conçu comme une sous-préfecture, illustre l’architecture officielle du XIXe siècle. Sa rénovation par Jean-Michel Wilmotte dans les années 1990 a permis de mettre en valeur ses volumes originaux tout en intégrant des espaces muséographiques modernes, créant un dialogue entre patrimoine et innovation.