Origine et histoire du Musée André-Malraux
Le musée d'Art moderne André-Malraux (MuMa) du Havre trouve ses origines en 1845 avec la fondation du musée des Beaux-Arts, détruit lors des bombardements de 1944. Les 1 500 peintures évacuées furent préservées, mais la plupart des sculptures disparurent. Ce musée fut le premier reconstruit après-guerre, symbolisant la renaissance culturelle de la ville.
En 1951, la municipalité lança la construction d’un nouveau bâtiment, porté par Georges Salles et Reynold Arnould, qui souhaitaient rompre avec les modèles traditionnels. Le projet, confié à Guy Lagneau et ses associés, intégrait des espaces polyvalents (expositions, concerts, conférences) et une architecture transparente, avec une collaboration notable de Jean Prouvé pour les éléments en aluminium. Inauguré en 1961 par André Malraux, il devint un modèle de « musée-maison de la culture ».
Les collections, initialement éclectiques (Renaissance au XXe siècle), se spécialisèrent dans l’impressionnisme et le fauvisme grâce à des dons majeurs. En 1936, Charles-Auguste Marande légua 89 œuvres, suivi en 1963 par le legs de la veuve de Raoul Dufy (70 œuvres). En 2004, Hélène Senn-Foulds offrit 206 pièces, dont des Monet, Renoir, et Matisse, consolidant sa réputation. Le musée fut réhabilité en 1999 pour préserver son identité face à l’érosion marine.
L’architecture du MuMa, vitrée sur cinq faces, joue avec la lumière naturelle grâce à des dispositifs innovants (paralume en aluminium, verres sérigraphiés). La sculpture Le Signal d’Henri-Georges Adam, commandée en 1956, marque son entrée et dialogue avec le port. Symbole de modernité, le musée combine flexibilité des espaces et pluridisciplinarité, inspirant plus tard le Centre Pompidou.
Le Cercle de l’art moderne (fondé en 1906 par Dufy, Friesz, et Braque) joua un rôle clé dans l’enrichissement des collections, en promouvant les avant-gardes. Les legs de Boudin (1900), Marande (1936), et Senn-Foulds (2004) fire du MuMa l’un des plus importants musées provinciaux pour l’art moderne. Aujourd’hui, il allie expositions temporaires et programmation culturelle variée, tout en interrogeant le paysage havrais contemporain.