Origine et histoire du Musée
Le musée d'Art moderne de Paris (MAM Paris) occupe l’aile est du palais de Tokyo, édifice Art déco conçu par les architectes André Aubert, Marcel Dastugue, J.-C. Dondel et P. Viard pour l’Exposition internationale des arts et des techniques de 1937. À l’origine, l’État et la ville de Paris avaient prévu d’y installer deux musées d’art moderne : l’un national (à l’ouest, futur Centre Pompidou), l’autre municipal (à l’est). La ville reçut ce dernier en compensation de son engagement financier pour l’Exposition.
Inauguré en 1961, le musée a hérité des collections d’art moderne du Petit Palais, enrichies par des legs privés (Maurice Girardin, Ambroise Vollard) et des acquisitions publiques. Son ouverture fut marquée par des œuvres phares comme La Danse d’Henri Matisse, acquise en 1937, ou La Fée Électricité de Raoul Dufy, installée en 1964. Le musée devint un lieu clé pour les avant-gardes, accueillant la Biennale de Paris (1959–1982) et des salons comme celui de la Jeune Peinture.
Le bâtiment, rénové à plusieurs reprises (1972, 1994, 2006), a connu des évolutions muséographiques majeures. En 1994, la création de la Salle Matisse permit d’exposer les deux versions de La Danse. En 2010, le musée fut victime d’un vol spectaculaire : cinq tableaux (Picasso, Matisse, Braque, Léger, Modigliani) furent dérobés, déclenchant une polémique sur la sécurité. Les œuvres, estimées à 100 millions d’euros, n’ont jamais été retrouvées.
Les collections, fortes de 15 041 œuvres en 2018, couvrent le fauvisme aux mouvements contemporains (nouveau réalisme, arte povera). Elles s’enrichissent grâce à des donations (Michael Werner, Henry Thomas) et des acquisitions ciblées. Le musée abrite aussi l’ARC (Animation, Recherche, Confrontation), département contemporain créé en 1967 par Pierre Gaudibert, qui a joué un rôle pionnier dans la promotion de l’art international et pluridisciplinaire.
En 2024, le MAM Paris a battu son record de fréquentation avec 409 162 visiteurs pour l’exposition Nicolas de Staël, dépassant la rétrospective Basquiat de 2010. Le musée reste un acteur majeur de la scène artistique parisienne, alliant patrimoine historique (palais de Tokyo) et dynamisme contemporain, tout en préparant l’arrivée en 2025 d’une donation exceptionnelle de 61 œuvres d’Henri Matisse.
Collection
La collection moderne est représentative des mouvements artistiques qui se sont développés à Paris depuis le Fauvisme en 1905 ; tandis que la collection contemporaine, à partir des années 1960, est plus ouverte sur la scène artistique européenne (Nouveau Réalisme, Figuration narrative, Cinétisme, Arte Povera, Supports/Surfaces, BMPT, artistes allemands et jeune scène française...).