Origine et histoire du Musée d'art moderne
Le musée d'Art moderne de Troyes trouve son origine dans la donation exceptionnelle de Pierre et Denise Lévy, industriels troyens du textile, qui offrent leur collection à la ville en 1976. Ce geste permet la création d’un musée dédié à l’art moderne, inauguré en 1982 par le président François Mitterrand. Le bâtiment choisi, l’ancien palais épiscopal de Troyes, mêle des éléments architecturaux des XVIe et XVIIe siècles à des vestiges gallo-romains intégrés dans ses fondations, offrant un écrin historique à des œuvres allant du réalisme au cubisme.
Les collections du musée couvrent un large panorama de l’art français, de la seconde moitié du XIXe siècle aux années 1960, avec des œuvres majeures de Courbet, Degas, Gauguin, ou encore Derain – dont 80 toiles constituent l’un des ensembles les plus importants au monde. La sculpture y est également bien représentée, avec des pièces de Rodin, Maillol, Zadkine, et un bronze emblématique de Picasso, Le Fou (1905). Un fonds unique de verreries Art déco signées Maurice Marinot, ainsi qu’une collection d’art premier liée aux donateurs, complètent cet ensemble.
Fermé plusieurs années pour rénovation, le musée rouvre en avril 2024 dans le quartier historique de Troyes, à proximité de la cathédrale. Son ancien palais épiscopal, classé pour ses ailes et sa porte biaise, allie un damier champenois caractéristique du XVIe siècle à des aménagements ultérieurs, reflétant près de mille ans d’histoire architecturale. Le musée met particulièrement en valeur les mouvements fauves et l’École de Paris, avec des artistes comme Modigliani, Soutine, ou Matisse, tout en soulignant les liens entre art moderne et arts d’Afrique ou d’Océanie.
L’édifice lui-même, marqué par des transformations du XIIe au XIXe siècle, conserve des dispositifs d’apparat tels qu’un escalier monumental, un jardin ceint de murs, et une entrée en arches. Ces éléments, combinés aux collections, font du musée un lieu où dialogue l’héritage médiéval de Troyes – ancienne capitale des comtes de Champagne – et l’audace des avant-gardes artistiques du XXe siècle.