Origine et histoire du Musée d'art Roger-Quilliot
Le musée d'Art Roger-Quilliot (MARQ) occupe une partie des bâtiments d’un ancien couvent des Ursulines, construit au XVIIe siècle à Clermont-Ferrand, dans le quartier de Montferrand. Ce couvent, classé monument historique, abritait initialement une cour des aides (créée en 1557), puis fut transformé en école pour jeunes filles par les Ursulines à partir de 1638. Les religieuses y menèrent plusieurs campagnes de travaux aux XVIIe et XVIIIe siècles, adaptant les lieux à leur mission éducative. Après la Révolution, les bâtiments servirent successivement de caserne, de grand séminaire (1807-1905), d’hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, et enfin de gendarmerie jusqu’en 1982.
Le musée a été inauguré en 1992 sous le nom de musée des Beaux-Arts, avant d’être rebaptisé en 1999 en hommage à Roger Quilliot, ancien maire de Clermont-Ferrand (1973-1997) et ministre. Sa rénovation fut confiée aux architectes Adrien Fainsilber et Claude Gaillard, qui conçurent un atrium central couvert d’une verrière signée Peter Rice, organisant les 6 000 m2 d’exposition autour de trois niveaux. Le MARQ présente près de 2 000 œuvres, allant de l’art roman auvergnat (chapiteaux, Vierges en majesté) à des pièces majeures des XIXe et XXe siècles, incluant des dons de collectionneurs locaux comme Simone et Maurice Combe.
Les collections permanentes s’articulent chronologiquement : le rez-de-chaussée accueille l’art médiéval et renaissant (sculptures, tableaux comme La Passion du Christ de Cornelis Engebrechtsz), tandis que le premier étage expose des œuvres régionales (faïences, paysages) et des peintres européens (Philippe de Champaigne, Joseph Vernet). Le deuxième étage est dédié au XIXe siècle, avec des références à l’histoire gauloise (Vercingétorix de Bartholdi ou Chassériau) et des toiles de Claudel ou Doré. Le sous-sol, quant à lui, abrite l’art contemporain, enrichi par des legs (Marie Laurencin, Buffet, Kisling).
Le bâtiment, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1986, conserve des traces de son passé judiciaire et religieux. La porte monumentale du XVIIe siècle, vestige de la cour des aides, côtoie les aménagements modernes. L’atrium, cœur du musée, symbolise cette fusion entre patrimoine et modernité, tout en facilitant la circulation entre les espaces thématiques. Des expositions temporaires et un centre de documentation au dernier étage complètent l’offre culturelle.
Le MARQ puise ses origines dans les collections municipales précédemment dispersées entre le musée Bargoin et le musée du Ranquet. Parmi ses pièces phares figurent le cycle du Roland furieux (château d’Effiat), des Vierges romanes comme celle de Vernols, ou encore des sculptures antiques (Pallas-Athéna de Léonard Sarson). Son ancrage local se double d’une ouverture européenne, avec des œuvres flamandes, italiennes et françaises, reflétant l’évolution artistique sur huit siècles.