Origine et histoire du Musée de la marine
Le musée d’ethnographie et d’arts populaires de Honfleur, fondé en 1896, est l’un des premiers musées d’ethnographie de province, aux côtés du musée Arlaten d’Arles. Il doit son existence à Léon Leclerc (1866–1930), fondateur et premier conservateur, ainsi qu’à la Société du Vieux-Honfleur. Ces acteurs ont rassemblé pendant plus d’un siècle des meubles normands, costumes, coiffes, faïences du Pré d’Auge et objets divers, reflétant les arts et traditions locales. Neuf salles reconstituent des intérieurs typiques, comme une boutique de mercier, une chambre de jeune fille ou un atelier de tisserand du XVIIIe siècle, offrant un voyage immersif dans la vie quotidienne normande.
En 1976, la section dédiée à l’histoire maritime a été transférée dans l’ancienne église Saint-Étienne, devenant le musée de la Marine. Ce volet explore la navigation honfleuraise, incluant la pêche à la baleine et à la morue, la traite négrière, et la construction navale, ainsi que l’artisanat maritime. L’ensemble, géré par la Société du Vieux-Honfleur jusqu’en 2004, a ensuite été cédé à la ville de Honfleur. Les collections s’enrichissent aussi d’éléments liés à des personnalités locales, comme une salle du souvenir, et d’objets techniques, tels une presse d’imprimeur du XVIIIe siècle.
Le musée s’inscrit dans un cadre architectural remarquable : le bâtiment d’ethnographie occupe un bâti privé des XVIe–XVIIe siècles et l’ancienne prison vicomtale, tandis que le musée de la Marine est installé dans l’église Saint-Étienne. Ces lieux, classés ou associés à des monuments historiques, renforcent la dimension patrimoniale du site. Labellisé Musée de France, il couvre des domaines variés, de l’ethnologie à l’histoire maritime, en passant par les beaux-arts et les techniques industrielles. Son adresse, quai Saint-Étienne, et son puits médiéval dans la cour complètent ce tableau d’un patrimoine à la fois matériel et immatériel.