Origine et histoire du Musée d'histoire et d'archéologie
Le musée d’histoire et d’archéologie de Belfort trouve ses origines dans le musée d’art et d’histoire fondé en 1872 par la Société Belfortaine d’Émulation. À l’époque, il regroupait des collections archéologiques issues de fouilles locales (grottes de Cravanche, villa gallo-romaine de Bavilliers) et des objets liés à l’histoire militaire de la région, notamment ceux du siège de 1870-1871. Ces collections s’enrichirent grâce à des dons, comme celui de Pierre Boigeol en 1968, qui offrit plus de 800 pièces militaires, marquant la spécialisation du musée dans l’histoire et l’archéologie.
Le musée est aujourd’hui installé dans l’ancienne caserne de la citadelle de Belfort, un bâtiment construit en 1826 par le Général Haxo sur les vestiges d’un château médiéval. Ce site, marqué par les conflits comme le siège de 1870, abrite trois espaces thématiques : un sous-sol dédié à l’archéologie (Néolithique, époque gallo-romaine, sépultures burgondes), un rez-de-chaussée consacré au sculpteur Auguste Bartholdi (auteur du Lion de Belfort), et un étage explorant l’histoire militaire locale, avec des armures japonaises et des effets personnels du colonel Denfert-Rochereau.
Depuis 2003, le musée bénéficie du label « Musée de France », ce qui lui impose des missions de conservation, d’étude et de diffusion des collections. Il organise régulièrement des expositions temporaires, comme Nationale 83, la libération de Belfort (2015) ou Archéologie de papier, tout en valorisant des pièces rares : mosaïques gallo-romaines, céramiques d’Offemont, ou encore des armures de samouraïs. Son ancrage dans la citadelle, classée et restaurée après 1870, en fait un lieu emblématique de la mémoire belfortaine.
Le musée collabore avec d’autres sites municipaux, comme la Tour 41 (abritant les beaux-arts) et la Tour 46 (expositions temporaires), tout en conservant une identité propre centrée sur l’archéologie et l’histoire locale. Ses collections, issues de fouilles, de legs et d’acquisitions, couvrent des périodes allant du Néolithique au XXe siècle, avec un focus sur les civilisations gallo-romaine, burgonde et les conflits modernes. Le palmarès des musées de France 2016 a classé Belfort en deuxième position parmi les villes moyennes, soulignant son dynamisme culturel.
Parmi les atouts du musée figurent ses collections archéologiques locales (grottes préhistoriques de Cravanche, nécropole mérovingienne de Bourogne) et ses fonds militaires, incluant des objets personnels de figures historiques comme le général Lecourbe. Le bâtiment lui-même, intégré à l’enceinte Vauban, témoigne de l’évolution architecturale de Belfort, entre héritage médiéval et transformations du XIXe siècle. Les expositions temporaires, comme À bonne mire, bon tir ! (2015), complètent cette offre en explorant des thèmes variés, de l’archéologie à l’histoire contemporaine.