Origine et histoire du Musée
Le musée Dapper était un musée parisien privé créé en 1986 par la Fondation Dapper, se consacrant aux arts et cultures de l’Afrique, des Caraïbes et de leurs diasporas. Son nom rend hommage à l’humaniste néerlandais du XVIIe siècle Olfert Dapper. Installé initialement dans un hôtel particulier de l’avenue Victor-Hugo, conçu par Charles Plumet en 1901, il a déménagé en 2000 vers un espace plus vaste rue Paul-Valéry, repensé par l’architecte Alain Moatti pour intégrer expositions, spectacles, librairie et café.
La fondation, créée en 1983 par Michel Leveau, industriel et collectionneur d’art africain, avait pour mission de préserver et promouvoir les patrimoines de l’Afrique subsaharienne. Sous la direction de Christiane Falgayrettes-Leveau, le musée a organisé des expositions marquantes, comme celles sur la statuaire fang (1991, 60 000 visiteurs) ou les arts dogons (1994, 100 000 visiteurs). Les Éditions Dapper, lancées en parallèle, ont publié des catalogues de référence et des ouvrages jeunesse, renforçant son rayonnement culturel.
Entre 1998 et 2000, le musée a évolué vers un modèle pluridisciplinaire, accueillant musique, danse, littérature et cinéma, avec une salle de spectacles de 190 places. Il a également ouvert ses portes à l’art contemporain, exposant des œuvres d’artistes comme Ousmane Sow, Ndary Lô ou Wifredo Lam. Malgré son succès, le musée a fermé en 2017 en raison de coûts élevés et d’une fréquentation en baisse, mais la Fondation Dapper a poursuivi ses activités, notamment au Sénégal et en Martinique, en soutenant des projets artistiques et éducatifs.
Le musée Dapper a joué un rôle clé dans la transition des musées d’ethnographie vers des espaces dédiés à l’art, contribuant à la reconnaissance esthétique et marchande des arts africains. Ses expositions, comme Dogon (1994) ou Femmes dans les arts d’Afrique (2008), ont marqué les visiteurs par leur approche innovante. Après sa fermeture, la fondation a recentré ses actions sur des projets nomades, notamment en Afrique et dans les Caraïbes, comme les expositions à Gorée (Sénégal) ou en Martinique.
Parmi ses initiatives internationales, la Fondation Dapper a organisé des événements dans le cadre de la Biennale de Dakar, comme la rétrospective de Ndary Lô en 2018, ou des expositions en Martinique, présentant des œuvres anciennes et contemporaines. Son engagement en faveur de la transmission et de la valorisation des cultures africaines et caribéennes se poursuit, malgré la disparition du musée physique, à travers des partenariats et des projets pédagogiques.