Origine et histoire du site Bibracte
Bibracte, capitale du peuple celte des Éduens, fut un centre politique, économique et artisanal majeur au Ier siècle av. J.-C. Située sur le mont Beuvray, cette cité fortifiée de 135 hectares abritait entre 5 000 et 10 000 habitants. Elle jouait un rôle clé dans les échanges commerciaux entre les bassins de la Saône, de la Loire et de l’Yonne, tout en entretenant des liens privilégiés avec Rome, dont elle était l’alliée depuis le IIe siècle av. J.-C.
Le site fut le théâtre d’événements historiques majeurs, comme la victoire de Jules César sur les Helvètes en 58 av. J.-C. à proximité, et l’assemblée gauloise de 52 av. J.-C. où Vercingétorix fut proclamé chef suprême. Après la fondation d’Autun (Augustodunum) vers 15 av. J.-C., Bibracte fut progressivement abandonnée, bien que certains cultes et activités perdurèrent. Les fouilles archéologiques, initiées au XIXe siècle par Jacques-Gabriel Bulliot et poursuivies jusqu’à aujourd’hui, ont révélé une organisation urbaine complexe, des remparts imposants, et des vestiges attestant d’une romanisation précoce.
Le musée de Bibracte, inauguré en 1996, présente les découvertes archéologiques du site, illustrant la vie quotidienne, l’artisanat et le commerce de cette cité gauloise. Il s’inscrit dans un centre de recherche européen, attirant des archéologues du monde entier. Le site, classé monument historique en 1984 et labellisé « Grand Site de France » en 2007, offre un témoignage exceptionnel de la civilisation des oppida et de la transition entre les mondes celtique et romain.
Les fouilles ont mis au jour des quartiers artisanaux spécialisés (métallurgie, frappe de monnaie), des domus gallo-romaines comme la demeure PC1, et des infrastructures hydrauliques, dont un bassin monumental aux alignements solsticiaux. La basilique romaine, datée entre 50 et 25 av. J.-C., témoigne d’une romanisation rapide, unique en Gaule non méditerranéenne. Le site abrite aussi des lieux de culte, comme la fontaine Saint-Pierre et un nemeton (sanctuaire celtique), ainsi qu’une nécropole à incinération.
L’étymologie de Bibracte, liée au gaulois bebro- (castor), évoque un « mont aux castors », bien que des débats persistent sur son origine exacte. Le site, redécouvert grâce aux travaux de Bulliot et de son neveu Joseph Déchelette, est aujourd’hui un pôle scientifique majeur. Les techniques modernes, comme le lidar, permettent de cartographier les vestiges enfouis sous la végétation, révélant peu à peu les secrets de cette cité disparue.
Bibracte symbolise aussi les alliances politiques des Éduens, peuple dominant en Gaule centrale, allié à Rome et à une confédération de tribus celtes. Son déclin, lié au transfert de la capitale à Autun, reflète les transformations sociales et urbaines sous l’influence romaine. Le musée et le centre de recherche perpétuent son héritage, en explorant son rôle dans l’histoire européenne et les échanges culturels entre Celtes et Romains.