Origine et histoire du Musée de Bretagne
Le musée de Bretagne trouve ses origines dans les confiscations révolutionnaires de 1794, notamment celles du cabinet de curiosités de Christophe-Paul de Robien (1698-1756), président du Parlement de Bretagne. Ces collections, riches en œuvres d'art, archéologie, numismatique et objets ethnographiques, deviennent propriété municipale en 1805, marquant la naissance officielle du « Musée de Rennes ». Au XIXe siècle, les collections se déplacent à plusieurs reprises avant de s'installer en 1856 dans le palais universitaire, un bâtiment néo-classique sur les quais de la Vilaine.
Au début du XXe siècle, le musée s'oriente vers l'ethnographie bretonne, avec l'ouverture en 1913 de deux salles dédiées à la Haute et Basse-Bretagne. Après la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion de Georges Henri Rivière, le musée développe un parcours chronologique sur l'histoire bretonne. En 1975, il se sépare du musée des Beaux-Arts et devient autonome. En 1987, il est décidé de le transférer dans un nouveau bâtiment, les Champs Libres, où il s'installe en 2006, sous la direction de l'architecte Christian de Portzamparc.
Le musée de Bretagne, labellisé « Tourisme et Handicap » depuis 2007, propose des collections variées : archéologie, ethnographie, numismatique, iconographie et fonds spécialisés comme celui sur l'Affaire Dreyfus. Il mène une politique active de numérisation et de partage, avec plus de 370 000 items accessibles en ligne en 2024. Ses expositions temporaires, souvent pluridisciplinaires et trilingues (français, anglais, breton), abordent des thèmes variés, de la pêche morutière à l'identité celtique, tout en suscitant parfois des débats, comme pour l'exposition « Celtique ? » en 2022.
Le musée est également reconnu pour son engagement en faveur de l'accessibilité et de l'open content, comme en témoignent ses prix, dont le « Patrimoine pour tous » en 2018 et le Label Culture Libre en 2023. Il collabore avec d'autres institutions, comme pour l'exposition itinérante « Terre-Neuve/Terre-Neuvas » (2013-2014), primée d'intérêt national, qui a mobilisé des musées de Bretagne et de Normandie. Son écomusée de la Bintinais, intégré depuis 1987, complète son offre en mettant en valeur le patrimoine rural breton.
Les collections du musée, enrichies par des dons, des fouilles et des acquisitions, couvrent des domaines aussi variés que l'archéologie bretonne (de la préhistoire à l'époque moderne), la numismatique (avec 35 000 monnaies), l'ethnographie (costumes, outils, mobilier) et l'iconographie (400 000 photographies). Des fonds spécifiques, comme celui sur l'Affaire Dreyfus ou les photographies de Paul Gruyer, offrent des éclairages uniques sur l'histoire régionale. Le musée continue d'évoluer, avec des projets récents de récolement, de numérisation et de renouvellement des expositions, comme celui engagé depuis 2022 pour l'exposition permanente « Une histoire de Bretagne ».