Frise chronologique
1789
Loi sur les biens du clergé
Loi sur les biens du clergé
1789 (≈ 1789)
Transfert des objets d’art à Saint-Aubert.
1847
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1847 (≈ 1847)
Première salle à l’hôtel de ville.
1863
Dépôt de la collection Campana
Dépôt de la collection Campana
1863 (≈ 1863)
Céramiques grecques et étrusques du Louvre.
1893
Inauguration à l’Hôtel de Francqueville
Inauguration à l’Hôtel de Francqueville
1893 (≈ 1893)
Nouveau bâtiment et premier catalogue.
1917-1918
Transfert des collections en Belgique
Transfert des collections en Belgique
1917-1918 (≈ 1918)
Évacuation pendant la Première Guerre.
1994
Réouverture après rénovation
Réouverture après rénovation
1994 (≈ 1994)
Modernisation par Jean-François Bodin.
2005
Ajout de l’abstraction géométrique
Ajout de l’abstraction géométrique
2005 (≈ 2005)
Enrichissement des collections modernes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Émile Mussault - Conservateur (1898-1918) |
Sauvegarde des œuvres en 1914. |
| Georges Leboyer - Conservateur (post-1918) |
Bilan des pertes après-guerre. |
| Georges Maroniez - Conservateur (années 1930) |
Réouverture complète en 1933. |
| Françoise Magny - Conservatrice (à partir de 1987) |
Rénovation et nouveau parcours en 1994. |
| Auguste Legrand - Industriel et donateur |
Lègue l’Hôtel de Francqueville en 1893. |
Origine et histoire
Le Musée de Cambrai trouve son origine dans la Révolution française, lorsque la loi du 2 novembre 1789 place les biens du clergé à la disposition de la Nation. Plus de deux mille objets d’art (peintures, sculptures, mobilier) provenant des églises et établissements religieux de Cambrai sont alors entreposés dans l’abbatiale Saint-Aubert. Sous l’Empire, ces œuvres, jugées inrestituables, sont dispersées dans divers bâtiments municipaux, suscitant l’indignation de la Société d’Émulation de Cambrai.
Après des décennies de revendications, la municipalité crée enfin un musée en 1847, installé dans une salle de l’hôtel de ville. Les collections s’enrichissent grâce aux dons, aux acquisitions lors des Salons, et aux dépôts de l’État, comme les céramiques grecques et étrusques de la collection Campana en 1863. En 1866, le musée s’installe dans l’ancien hôpital Saint-Julien, marquant sa structuration avec un conservateur et un budget dédié. L’essor se poursuit avec le legs de l’Hôtel de Francqueville en 1893, permettant une inauguration solennelle et l’édition d’un premier catalogue.
La Première Guerre mondiale marque un tournant tragique : en 1914, le conservateur Émile Mussault cache les œuvres dans les caves, mais en 1917, les autorités allemandes ordonnent leur transfert à Valenciennes, puis à Bruxelles en 1918. Après l’armistice, le retour des collections révèle plus de 200 œuvres disparues ou détruites. Malgré les dommages, le musée rouvre partiellement en 1924, avant une restauration complète en 1933 sous la direction de Georges Maroniez, qui privilégie les artistes locaux primés au Salon.
La Seconde Guerre mondiale entraîne une nouvelle évacuation des collections, qui ne réintègrent l’Hôtel de Francqueville qu’en 1946. Les décennies suivantes voient un déclin relatif, jusqu’à l’arrivée en 1987 de Françoise Magny, qui entreprend un inventaire complet et une rénovation majeure. Le musée, rouvert en 1994 après quatre ans de travaux, se modernise avec un parcours axé sur le corps et l’art cambrésien, complété en 2005 par une collection d’abstraction géométrique.
Aujourd’hui, le musée met en valeur des départements variés : archéologie (Préhistoire, Antiquité, époque mérovingienne), patrimoine local (sculptures romanes, vestiges de la cathédrale détruite), et beaux-arts du XVIIe au XXe siècle. L’Hôtel de Francqueville, construit en 1719-1720 et rénové en 1994, allie architecture classique et éléments modernes, abritant notamment des caves voûtées dédiées à l’ostéo-archéologie et aux antiquités étrangères.