Origine et histoire du Musée
Le musée de l'Armée est un musée national français installé dans l'hôtel des Invalides, dans le 7e arrondissement de Paris. Créé en 1905 par la fusion du musée d’Artillerie et du musée historique de l’Armée, il a pour vocation de présenter l’histoire des conflits sous l’angle de l’histoire militaire de la France. Ses collections couvrent une période allant de la Préhistoire à la Seconde Guerre mondiale, réparties en six grands espaces chrono-thématiques, dont le département des armes et armures anciennes (XIIIe–XVIIe siècles) et le département moderne (de Louis XIV à Napoléon III).
Le musée d’Artillerie, créé sous la Révolution, fut installé aux Invalides en 1872. Il s’appuyait sur deux collections majeures : celle du garde-meuble de la Couronne et celle des princes de Condé, enrichies par des fonds du Louvre, de Vincennes, et des dons comme ceux du général Vanson ou du prince de la Moskova. Le musée historique de l’Armée, fondé en 1896 par la société La Sabretache et présidé par le peintre Édouard Detaille, compléta ces collections avec des objets issus de l’Exposition universelle de 1889. Pendant la Première Guerre mondiale, le musée resta ouvert et s’enrichit d’objets liés au conflit, dont des drapeaux prussiens exposés dans la cour des Invalides.
En 1940, face à l’avancée allemande, le directeur Augustin Eugène Mariaux organisa l’évacuation des pièces les plus précieuses, dont les reliques de Napoléon Ier. Les camions transportant ces objets furent attaqués près d’Étampes, et les Allemands récupérèrent une partie des collections, comme le canon Vogelgreif, rapatrié à Coblence. Après la guerre, la France et l’Allemagne engagèrent des restitutions croisées, symboles de réconciliation. Le musée connut ensuite d’importantes rénovations, comme le plan ATHENA (2000–2010), qui modernisa ses départements, dont celui des deux guerres mondiales et l’historial Charles-de-Gaulle, inauguré en 2008.
Le musée abrite également le tombeau de Napoléon Ier dans le Dôme des Invalides, ainsi que les sépultures de maréchaux comme Foch et Lyautey. Ses collections, fortes de près de 500 000 objets, incluent des armes, des uniformes, des emblèmes et des œuvres d’art. Le musée collabore avec d’autres institutions, comme le musée de la Cavalerie à Saumur ou le château de l’Empéri, et mène des projets ambitieux pour 2024–2028, incluant un parcours sur la guerre froide et un autre sur l’histoire coloniale, visant à « apaiser les mémoires » par une approche historique partagée.
Le site des Invalides, toujours partiellement dédié à un hôpital militaire, accueille aussi le musée des Plans-reliefs et le musée de l’Ordre de la Libération. Le musée de l’Armée propose des expositions temporaires, des concerts dans la cathédrale Saint-Louis, et participe à des événements nationaux comme les Journées du patrimoine. Ses ateliers de restauration (textile, métal, cuir) préservent des pièces uniques, tandis que la Société des amis du musée (SAMA), fondée en 1909, contribue à son enrichissement par des dons et des actions culturelles.
Parmi les acquisitions récentes figurent des œuvres comme France Forever d’Alexander Calder (1942) ou un pistolet à rouet du XVIIe siècle. Le musée continue d’innover, comme avec la restauration en 2016 de Vizir, le cheval naturalisé de Napoléon Ier, ou la création des Cabinets Insolites dédiés aux figurines militaires et aux instruments de musique. Son rayonnement s’appuie sur une programmation variée, alliant histoire, art et mémoire, tout en s’adaptant aux enjeux contemporains de transmission et de réconciliation.