Origine et histoire du Musée d'Art Nouveau
L’idée d’un musée dédié aux arts décoratifs modernes à Nancy émerge en 1894, avant que la ville ne crée officiellement un Musée d’Art décoratif en décembre 1900. Installé initialement à l’Hôtel de ville, il rassemble des œuvres issues des manufactures locales. Ce projet vise à valoriser l’art décoratif lorrain, alors en plein essor grâce au mouvement Art nouveau.
En 1935, Eugène Corbin, mécène et collectionneur passionné de l’École de Nancy, lègue sa collection de plus de 750 pièces à la ville. Ces œuvres, exposées aux galeries Poirel, enrichissent considérablement les collections existantes. Après la Seconde Guerre mondiale, la visibilité des collections devient difficile, poussant la ville à acquérir en 1952 la propriété d’Eugène Corbin pour y installer définitivement le musée.
Le musée ouvre ses portes en 1964, sous l’impulsion de la conservatrice Françoise-Thérèse Charpentier. Celle-ci choisit de reconstituer l’ambiance fin de siècle en aménageant des pièces thématiques (salon, bureau, chambre à coucher), plutôt qu’une simple exposition chronologique. La maison et son jardin abritent des œuvres majeures, comme des meubles de Louis Majorelle, des verreries d’Émile Gallé, ou encore la salle à manger Masson, conçue par Eugène Vallin en 1904.
Le musée se distingue par sa spécialisation dans l’Art nouveau nancéien, un mouvement artistique marqué par l’unité des arts et l’innovation technique. Les collections mêlent pièces uniques (comme le lit Aube et Crépuscule de Gallé) et objets produits en série, illustrant la philosophie de l’Art pour tous. Le jardin expose aussi des éléments emblématiques, tels qu’une porte en chêne d’Eugène Vallin (1897) ou un pavillon aquarium attribué à Lucien Weissenburger.
Labelisé Musée de France, le lieu conserve aujourd’hui plus de 400 verreries de Gallé, des céramiques, et des meubles marquetés, témoignant de la diversité des techniques maîtrisées par les artistes locaux. Le musée met en avant des collaborations entre artisans, comme celle de Victor Prouvé et Louis Majorelle pour un piano à queue orné de marqueteries.
L’ancienne propriété d’Eugène Corbin, au 36-38 rue du Sergent Blandan, reste un hommage à ce mécène visionnaire. Son legs a permis de préserver un patrimoine unique, où chaque objet, du verre gravé à l’acide aux meubles en série, raconte l’audace créative de l’École de Nancy.
Conditions de visite
Téléphone : 03 83 85 30 01
Ouverture annuelle : Ouvert du mercredi au dimanche, de 10h à 18h
Fermeture : Fermé les lundis et mardis, les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er novembre et 25 décembre
Tarif individuel : Tarif normal 6€ / tarif réduit 4€
Contact organisation : 03 83 40 14 86