Origine et histoire du Musée de l'histoire du fer
Le Féru des Sciences, anciennement Musée de l'Histoire du Fer, est un établissement culturel dédié à l’histoire du fer et de ses dérivés, depuis le Moyen Âge jusqu’au XXe siècle. Situé à Jarville-la-Malgrange dans le parc de Montaigu, il est géré par la métropole du Grand Nancy. Le musée conserve des collections variées : outils, machines, produits finis, maquettes, photographies, et œuvres d’art liées à la sidérurgie, reflétant aussi bien les aspects techniques qu’humains et sociaux de cette industrie.
Le projet du musée naît en 1955 lors du colloque international Le Fer à travers les âges, organisé à Nancy sous la présidence d’Édouard Salin. Ce dernier, archéologue et sidérurgiste, fonde avec Albert France-Lanord le Centre de Recherches de l’Histoire de la Sidérurgie (1957) et le Laboratoire d’Archéologie des Métaux (1950). Le musée est inauguré en 1966 dans un bâtiment moderniste conçu par Jacques et Michel André, caractérisé par une ossature en acier et verre, intégrée au domaine de Montaigu.
Les collections, constituées dès 1965, proviennent d’acquisitions, de dons (comme la boyotte, locomotive à vapeur des usines de Neuves-Maisons) et de dépôts d’institutions comme le Musée des Arts et Métiers ou le Musée lorrain. En 2019, le musée inventorie 13 243 objets, couvrant des domaines variés : archéologie, ethnographie, beaux-arts, photographies, et maquettes techniques. Parmi les pièces emblématiques figurent un tronçon de l’escalier de la tour Eiffel, des œuvres d’Ignace-François Bonhommé, et des installations industrielles extérieures comme un martinet hydraulique du XVIIIe siècle.
Le Féru des Sciences met en avant l’histoire sociale de la sidérurgie, notamment à travers des expositions temporaires comme Machine humaine (2022-2023) ou Tour Eiffel, made in Lorraine (2018-2019). Il abrite aussi un Laboratoire d’Archéologie des Métaux, agréé par le Service des Musées de France, et un centre de documentation riche de 8 000 ouvrages et 450 revues. Le musée, labellisé Patrimoine du XXe siècle en 2015, allie conservation, recherche et médiation pour valoriser le patrimoine industriel lorrain.
Les fondateurs, dont Bertrand Gille, Édouard Salin et Georges Henri Rivière, ont insisté sur une approche pluridisciplinaire, mêlant technique, économie et culture. Le bâtiment, primé par l’Équerre d’argent en 1969, symbolise cette ambition par son architecture industrielle. Aujourd’hui, le musée continue d’explorer les liens entre innovation, travail ouvrier et mémoire collective, tout en s’ancrant dans le paysage culturel du Grand Est.