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Musée de l'Horloge astronomique de Strasbourg dans le Bas-Rhin

Musée Musée de l'horlogerie et de la lunette

Musée de l'Horloge astronomique de Strasbourg

  • Place de la Cathédrale
  • 67000 Strasbourg
67000 Strasbourg, Place de la Cathédrale

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1352–1354
Première horloge des Trois Rois
1547–1574
Deuxième horloge (Dasypodius & Habrecht)
1816/1821
Prototype du comput grégorien
1838–1843
Transformation par Schwilgué
15 avril 1987
Classement monument historique
2006
Création du comité de supervision
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Conrad Dasypodius - Mathématicien et concepteur Dirigea la deuxième horloge (1547–1574).
Jean-Baptiste Schwilgué - Ingénieur horloger autodidacte Transforma l’horloge (1838–1843).
Christian Herlin - Mathématicien initiateur Lança le projet de la deuxième horloge.
Josias et Isaac Habrecht - Frères horlogers Collaborateurs de Dasypodius pour la mécanique.
Alfred Faullimmel - Horloger conservateur (1989–2001) Entretien post-Ungerer avant son fils Ludovic.
Tobias Stimmer - Peintre et décorateur Réalisa les panneaux des éclipses.

Origine et histoire de l'Horloge astronomique

L’horloge astronomique de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, classée monument historique depuis 1987, est un joyau de la Renaissance. Considérée comme l’une des sept merveilles de l’Allemagne à son époque, elle incarne l’alliance entre science, art et mécanique. Son mécanisme complexe, encore opérationnel, en fait un témoignage exceptionnel du génie horloger européen.

La première horloge, dite des Trois Rois (1352–1354), présentait un défilé des mages devant la Sainte Famille. Usée au XVIe siècle, elle ne subsiste plus qu’à travers quelques vestiges, comme un coq-automate en bois (vers 1350), le plus ancien automate occidental conservé. Ce coq, aujourd’hui exposé au Musée des arts décoratifs de Strasbourg, symbolise la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance dans l’art horloger.

Entre 1547 et 1574, une deuxième horloge fut conçue par une équipe dirigée par le mathématicien Conrad Dasypodius, reprenant le projet inachevé de Christian Herlin. Collaborant avec les frères horlogers Habrecht et le peintre Tobias Stimmer, Dasypodius intégra des innovations comme un calendrier perpétuel et des panneaux prédisant les éclipses. Remarquablement, le portrait de Copernic y figurait déjà, prouvant l’ouverture d’esprit des concepteurs. Cette horloge, arrêtée avant la Révolution, fut restaurée au XIXe siècle.

De 1838 à 1843, Jean-Baptiste Schwilgué, autodidacte alsacien, transforma radicalement l’horloge en modernisant ses mécanismes tout en conservant le buffet du XVIe siècle. Il introduisit des engrenages épicycloïdes pour réduire la friction et ajusta le comput ecclésiastique au calendrier grégorien, une première mécanique. Schwilgué ajouta aussi le défilé des Apôtres, absent des versions précédentes, et perfectionna la représentation de la précession des équinoxes.

Les automates de l’horloge, déclenchés aux quarts d’heure, captivent les visiteurs. Un ange sonne la cloche, un sablier se retourne, et quatre figures symbolisant les âges de la vie défilent devant la Mort. À midi, les douze Apôtres passent devant le Christ, accompagnés par un coq chantant, héritage des premières horloges. Ces mécanismes, combinés à des cadrans indiquant les phases lunaires, les signes zodiaques et les positions planétaires, font de cette horloge une prouesse à la fois scientifique et artistique.

Propriété de l’État depuis le XIXe siècle, l’horloge est gérée par la fabrique de la cathédrale, bien que son entretien ait été historiquement assuré par des horlogers locaux, comme la famille Ungerer (1858–1989) puis les Faullimmel (depuis 1989). Un comité d’experts, incluant historiens, astronomes et horlogers, supervise aujourd’hui sa conservation. Son mécanisme, toujours remonté manuellement, reste un symbole vivant du patrimoine strasbourgeois.

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