Origine et histoire du Musée de l'horlogerie
Le musée de l'Horlogerie de Saint-Nicolas-d'Aliermont, installé en centre-ville, célèbre l’héritage horloger de la région depuis le début du XVIIIe siècle. Fondé sur l’initiative de passionnés locaux, il présente 400 objets illustrant l’évolution technique et artistique des horloges, pendules et chronomètres fabriqués dans cette commune normande, réputée pour sa précision mécanique. L’aventure débute en 1725 avec l’arrivée de l’horloger Charles-Antoine Croutte, qui introduit l’horloge « à tête fleurie », symbole d’un savoir-faire alliant métallurgie et ébénisterie.
Au XIXe siècle, l’industrie horlogère aliermontaise se diversifie avec des figures comme Honoré Pons, fabricant de pendules de cheminée, ou la société Réveils Bayard, pionnière des réveils en série et des collaborations avec Disney dans les années 1930. Les ateliers locaux produisent aussi des chronomètres de marine, essentiels à la navigation, et des pointeuses industrielles, reflétant l’adaptation aux besoins techniques de l’époque. La crise des années 1970 menace ce patrimoine, poussant des employés comme Paul Caron et René Le Courtois à créer l’Association d’Horlogerie Aliermontaise (AHA) en 1981 pour sauvegarder ce legs.
Inauguré en 2007 après la donation de la collection de l’AHA à la ville, le musée occupe une ferme normande du XVIIIe siècle agrandie d’une extension contemporaine. Ses 350 m2 exposent des pièces rares, des horloges domestiques aux instruments scientifiques, en passant par des jouets mécaniques et des appareils téléphoniques fabriqués par des entreprises locales comme Ericsson. Le parcours muséographique, interactif et ludique, met en lumière des thèmes variés : la vie des horlogers, la mesure du temps au travail, ou encore l’innovation technique, comme les pendulettes de voyage signées Couaillet Frères.
Le musée souligne aussi le rôle des forêts environnantes, fournissant énergie et matières premières, et celui des artisans métallurgistes installés dès le XIIe siècle le long de la route Rouen-côtière. Des objets emblématiques, comme la pendulette de voyage à 500 pièces d’Armand Couaillet ou les réveils Mickey Mouse, illustrent l’alliance entre tradition et modernité. Aujourd’hui, Saint-Nicolas-d’Aliermont perpétue ce savoir-faire à travers la microtechnique et la mécanique de précision, héritières de trois siècles d’innovation.
Reconnu « Musée de France » en 2003, l’établissement conserve des archives et témoignages oraux qui complètent les collections. Parmi les pièces phares figurent les régulateurs de Delépine ou Guilbert, les chronomètres de marine d’Onésime Dumas, et les créations de la société LLM, passée des moulinets de pêche à l’électronique. Le musée célèbre également les avancées sociales liées à l’horlogerie, comme les pointeuses d’Arthur Lambert, qui ont révolutionné la gestion du temps de travail au début du XXe siècle.