Origine et histoire du Musée de l'Hospice
Le musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun occupe les bâtiments d’un ancien hôtel-Dieu fondé au XIIe siècle. Initialement dédié à l’accueil des pauvres et des enfants abandonnés, il devient un lieu de soins à partir de 1502. Les bâtiments actuels, reconstruits à la fin du XVe siècle sous l’impulsion du recteur Pierre de la Chèze, intègrent une chapelle gothique ornée de deux arbres de Jessé sculptés (vers 1500), chefs-d’œuvre de la statuaire religieuse médiévale. Ces sculptures monumentales, classées monuments historiques en 1965, illustrent les généalogies royale et sacerdotale du Christ, uniques par leur séparation en deux arbres distincts.
L’hospice s’enrichit aux XVIIe et XVIIIe siècles avec une apothicairerie fondée en 1646 par Jean Perrot, conservée intacte avec ses 379 pots en faïence de Nevers et ses boiseries d’origine. Cette officine, parmi les plus complètes de France, témoigne des pratiques médicales de l’époque. Le musée abrite aussi un retable baroque de 1714, commandé pour l’Hospice des Incurables, ainsi qu’un clavecin de Jean Denis (1648), plus ancien instrument daté et signé des collections publiques françaises. Ces éléments reflètent la prospérité d’Issoudun aux XVIIe et XVIIIe siècles, période où l’hospice était le plus important du Berry.
Depuis 1966, le musée, labellisé Musée de France, allie patrimoine historique et art contemporain. Une aile moderne, agrandie en 2007, expose des œuvres de Fred Deux et Cécile Reims, ainsi qu’une reconstitution du salon parisien de Leonor Fini, figure du post-surréalisme, meublé par des pièces de l’École de Nancy (Gallé, Majorelle). Le musée conserve également une collection ethnographique de Papouasie-Nouvelle-Guinée, donnée par les missionnaires du Sacré-Cœur, et organise des expositions temporaires d’artistes comme Gérard Garouste ou Jan Voss.
Le site, classé monument historique, mêle architecture médiévale (chapelle, salles des malades) et contemporaine (bâtiment de 1995). Son jardin de plantes médicinales rappelle la vocation initiale de l’hospice, tandis que les 22 820 visiteurs annuels (2016) témoignent de son attractivité. Les collections, structurées en parcours chronologique et thématique, couvrent plus de 2 000 m2, de l’âge du Fer à l’art actuel, en passant par des objets gallo-romains, des émaux limousins (Léonard Limosin) et des sarcophages mérovingiens.
L’histoire du musée est marquée par des destructions lors du bombardement de 1940, suivi d’une réorganisation en 1966. Les agrandissements successifs (2002, 2007) ont permis d’intégrer les donations contemporaines et les collections océaniennes. Aujourd’hui, le musée allie préservation du patrimoine (vitraux du XVIe siècle, bâtons de procession) et innovation, avec des scénographies dynamiques comme celle dédiée à Leonor Fini, combinant films, photographies et mobilier d’époque.