Origine et histoire du Musée de l'hôtel Sandelin
Le musée de l'hôtel Sandelin est le musée de la ville de Saint-Omer (Pas-de-Calais), installé depuis 1904 dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle. Il cumule les fonctions de musée des beaux-arts et de musée d'histoire locale. Une partie de l'hôtel a été classée monument historique en 1955 et une autre inscrite en 1957. Marie-Josèphe Sandelin (1733-1808), issue d'une famille anoblie, acquit en 1766 l'ancien hôtel du gouverneur, fit démolir l'édifice et le fit remplacer par un nouvel hôtel en pierre de style Louis XV, achevé vers 1776-1777. Veuve à plusieurs reprises, elle récupéra l'hôtel après la Révolution en 1800 ; sans descendance, il passa ensuite à son frère Joseph-Joachim puis au fils de celui-ci, Pierre Sandelin. Le nom de l'architecte est inconnu. La Ville de Saint-Omer acquit l'hôtel en 1899 pour y installer un musée.
Le sous-sol présente l'histoire de la ville, des maquettes et des éléments d'architecture. Au rez-de-chaussée, des peintures des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles sont montrées dans des salles d'époque, des cabinets d'amateurs et un salon d'apparat où figurent également des cabinets flamands du XVIIe siècle. On y trouve des œuvres de François Boucher, Jean-Baptiste Greuze, Jean-Marc Nattier (Madame de Pompadour), Nicolas-Bernard Lépicié (Le Lever de Fanchon) et Louis-Léopold Boilly, représenté par cinq tableaux, ainsi que des peintres hollandais et flamands comme Thomas de Keyser, Gerard ter Borch, Jacob van Ruisdael, Jan Steen, Jan Brueghel l'Ancien, Pieter Bruegel le Jeune, Joos de Momper et Hendrick van Balen. Parmi les objets d'art, on remarque des fragments du tombeau de l'abbé Filastre attribués à Andrea della Robbia. Dans l'escalier se trouvent un tableau de François Chifflart et, par Pierre-Paul Prud'hon, une autre version de La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime, célèbre au musée du Louvre.
Le premier étage abrite une importante collection de faïences, porcelaines et céramiques de Saint-Omer, de Lunéville, de Rouen, de Delft et d'autres provenances, soit environ 4 000 pièces présentées par roulement. La collection numismatique compte plus de 16 000 monnaies. Parmi les œuvres conservées figurent L'Adoration des Mages d'un maître flamand anonyme (fin XVe), L'Excision de la Pierre de Folie ou Opération de la pierre de tête attribuée à Hieronymus Bosch (vers 1557), Lézards et coquillages de Balthasar van der Ast, un portrait anonyme de Mgr Louis-Alphonse de Valbelle, Madame de Pompadour en Diane de Jean-Marc Nattier (1748), Le Lever de Fanchon de Nicolas-Bernard Lépicié (1773), le portrait de Pierre Rousseau par François-André Vincent (1774), un Portrait d'homme au verre brisé de Louis Boilly, La Leçon de bienfaisance d'Henri-Nicolas Van Gorp, des intérieurs d'église par Hippolyte Sebron et Hippolyte-Joseph Cuvelier, ainsi qu'Ulysse et les Sirènes de Léon Belly (1867).