Origine et histoire du Musée de l'Impression sur Etoffes
Le musée de l'Impression sur Étoffes, situé à Mulhouse (Haut-Rhin), trouve ses origines dans l’essor industriel de la ville au XIXe siècle. Fondé en 1857 sous le nom de Musée du Dessin industriel par la Société Industrielle de Mulhouse (SIM), il était initialement destiné aux professionnels du textile. Ce musée technique visait à rassembler des échantillons locaux et internationaux pour inspirer les dessinateurs et artisans mulhousiens, reflétant l’esprit d’innovation de la région.
En 1910, le musée s’installe rue de la Bourse et s’ouvre au public via des expositions annuelles. Après la Seconde Guerre mondiale, une réorganisation aboutit en 1955 à la création du Musée de l’Impression sur Étoffes, installé dans un bâtiment néo-classique construit en 1883 par l’architecte Frédéric-Louis de Rutté. Les collections, enrichies par des dons d’industriels comme Frédéric Engel-Dollfus et des acquisitions (collections Becker, Puaux-Funffrock), couvrent outils, machines, étoffes et documents du XVIIIe au XXe siècle.
Le musée se distingue par ses trois niveaux thématiques : le rez-de-chaussée consacré aux indiennes et techniques du XVIIIe siècle, le premier étage aux machines du XIXe (comme la Perrotine ou la machine Koechlin), et le second étage, partiellement aménagé, dédié au XXe siècle. Son Service d’Utilisation des Documents (SUD), fondé en 1833, conserve plus de six millions d’archives textiles, attirant chercheurs et industriels du monde entier.
Entre 1994 et 1996, une restructuration complète modernise les espaces, suivis d’expositions temporaires marquantes (Féerie indienne, Rêve de cachemire). Cependant, en 2021, une enquête révèle la disparition d’éléments des collections, entraînant la mise en examen de l’ancien conservateur en 2023. Malgré des difficultés financières en 2022, des subventions locales (200 000 €) évitent sa fermeture, soulignant son importance patrimoniale.
Le musée incarne aujourd’hui un héritage multiple : musée d’art décoratif, technique, historique et ethnologique. Ses collections, incluant des trésors comme un tapis moghol ou des étoffes de Sonia Delaunay, illustrent l’influence mondiale de l’impression textile alsacienne, tout en préservant des savoir-faire ancestraux via des démonstrations (impression à la planche, rouleaux de cuivre).