Origine et histoire du Musée de la batellerie
Le musée de la batellerie et des voies navigables de Conflans-Sainte-Honorine, créé en 1965 à l’initiative de Louise Weiss, est le premier et le plus important musée français consacré à la batellerie. Installé dans le château du Prieuré, un édifice du XIXe siècle bâti sur les vestiges d’un prieuré médiéval fondé en 1080, il doit son rayonnement à François Beaudouin, archéologue nauticien et conservateur jusqu’en 1994. Ses collections, enrichies dès 1967, proviennent de dons, de dépôts d’État (musées nationaux) et de sauvetages d’objets lors de liquidations de compagnies fluviales dans les années 1970-1980. Le musée se distingue par ses maquettes scientifiques, ses archives iconographiques et son centre de documentation ouvert aux chercheurs.
Le musée s’articule autour de cinq espaces thématiques : la batellerie des XVIIe-XVIIIe siècles (tableaux, objets d’art), la navigation mécanique des XIXe-XXe siècles (remorqueurs, automoteurs), les péniches et canaux du Nord, le fonctionnement des écluses, et une cour exposée présentant des bateaux et outillages. Il abrite également des bateaux historiques amarrés en contrebas, comme le remorqueur Jacques (classé monument historique) et le pousseur Triton 25, gérés par l’Association des Amis du Musée (AAMB). Cette association joue un rôle clé dans les acquisitions, les restaurations et la publication des Cahiers du Musée, tout en organisant des campagnes de collecte pour préserver le patrimoine fluvial.
Le musée a bénéficié de sa proximité avec Paris et des réseaux constitués par François Beaudouin, notamment auprès des compagnies de navigation parisiennes et des antiquaires spécialisés. Jusqu’aux années 1990, son budget priorisait l’enrichissement des collections (maquettes, outils, archives) au détriment de la muséographie, selon la vision de Beaudouin de « préserver l’avenir ». En 1994, une réorientation a privilégié les œuvres d’art et l’histoire technique des voies d’eau, tandis que la modernisation des expositions a été entreprise en 2015, à l’occasion du 56e Pardon national de la batellerie. Le château du Prieuré, acquis par la commune en 1932, offre par ailleurs un panorama exceptionnel sur la vallée de la Seine et le port batelier.
Le musée est indissociable du Pardon national de la batellerie, créé en 1960, un événement majeur pour la communauté des mariniers. Ses collections incluent des reconstitutions uniques de ports disparus (Adour, Dordogne), des outils de chantiers navals, et des archives de l’Inspection des Ports de Paris. L’AAMB, distincte mais partenaire, gère également des bateaux navigants comme le Triton 25, dernier remorqueur construit en 1954, encore opérationnel et ouvert au public lors d’événements. Le musée, labellisé Musée de France, reste un acteur central pour la mémoire et la transmission des savoir-faire fluviaux.