Origine et histoire du Musée de la Chartreuse
Le musée de la Chartreuse de Douai trouve ses origines dans la Révolution française, lorsque les œuvres saisies dans les églises et monastères de la région furent inventoriées par le peintre Charles-André Caullet. Ces pièces, entreposées dans l'église des Dominicains, formèrent en 1792 le premier fonds du musée. En 1802, un musée municipal fut créé rue Fortier, partagé avec la bibliothèque, dans un ancien collège de Jésuites. Ses collections s’enrichirent tout au long du XIXe siècle grâce à des dons majeurs, comme celui du sculpteur Théophile Bra en 1852 ou le legs de 176 tableaux flamands et hollandais par le docteur Escallier en 1857.
Les guerres mondiales marquèrent profondément son histoire : en 1918, l’armée allemande en retraite pilla une grande partie des collections, et en 1944, un bombardement détruisit les bâtiments abritant les sections d’ethnographie et d’histoire naturelle, ainsi que plus de 30 000 pièces. Après 1945, les œuvres rescapées furent transférées dans l’ancien couvent des Chartreux, acquis par la ville en 1951. Le musée rouvrit en 1958 sous son nom actuel, intégrant des bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles, dont une chapelle classique et un réfectoire gothique tardif.
L’ensemble architectural, classé monument historique en 1930, mêle un hôtel Renaissance (1559-1608) et des extensions conventuelles des Chartreux, comme la salle capitulaire (1663) ou la chapelle jésuite (1700-1722). Aujourd’hui, le musée présente un parcours chronologique de l’art européen, des primitifs espagnols et flamands aux impressionnistes français, en passant par des sculptures du XIXe siècle et des objets d’art médiéval. Certaines œuvres, volées pendant les guerres, ont été restituées récemment, comme Une Fille de pêcheur de Jules Breton en 2011.
La fréquentation du musée a varié au fil des années, avec un pic à plus de 61 000 visiteurs en 2009. Le site conserve aussi deux tableaux classés MNR (Musées Nationaux Récupération), témoignages des spoliations pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis sa restauration, l’église des Chartreux accueille des collections de sculptures et d’orfèvrerie, tandis que le petit cloître abrite une installation contemporaine de Daniel Buren.
Le musée doit son nom à l’ordre des Chartreux, qui occupa les lieux de 1662 à la Révolution. Leur héritage architectural, comme le grand cloître aujourd’hui disparu ou les cellules monastiques, rappelle l’histoire religieuse du site. Transformé en caserne sous la Révolution, puis endommagé en 1944, le couvent fut sauvé par son rachat municipal, permettant la préservation de ce patrimoine unique dans les Hauts-de-France.
Les collections reflètent aussi l’histoire locale, avec des sections dédiées à l’archéologie, l’ethnographie et l’artisanat douaisien, comme l’argenterie. Des expositions temporaires, organisées dans la salle capitulaire, complètent l’offre culturelle. Le musée reste un symbole de la résilience patrimoniale de Douai, ville marquée par les conflits mais déterminée à préserver son héritage artistique.
Conditions de visite
Téléphone : 03 27 71 38 80
Ouverture annuelle : Tous les jours
Le matin : 10h00 à 12h00
L?après-midi : 14h00 à 18h00
Fermeture : Fermé les mardis
Fermé les jours fériés suivants : les 01/01, 01/05, Ascension, 14/07, 15/08, 01/11, 11/11 & 25/12
Tarif individuel : Tarif plein : 4,70 €
Tarif réduit : 2,35 €