Origine et histoire du Musée de la Citadelle
La citadelle de Bitche, située dans le département de la Moselle, est un monument emblématique de l’art militaire français. Son origine remonte au XIIe siècle, où un premier château (Bitis Castrum) est mentionné dans des documents lorrains. Ce site stratégique, dominant plusieurs vallées, voit se succéder pavillons de chasse et forteresses, notamment sous l’impulsion des comtes de Deux-Ponts au XIIIe siècle. Le château médiéval, partiellement détruit au XVIe siècle, marque le début d’une histoire militaire complexe, entre duchés lorrains et influences impériales.
Au XVIIe siècle, la citadelle prend son essor sous Louis XIV, qui confie à Vauban sa fortification entre 1683 et 1697. Coûtant 2,5 millions de livres d’or, ces travaux transforment Bitche en une place forte majeure, avant son démantèlement en 1698 suite au traité de Ryswick. Reconstruite à partir de 1738 sous Louis XV, elle intègre le système défensif français, avec des aménagements dirigés par Cormontaigne jusqu’en 1765. Son rôle stratégique se confirme lors des sièges de 1870-1871, où le commandant Teyssier résiste aux Prussiens, et pendant les conflits mondiaux du XXe siècle.
La citadelle, classée monument historique en 1979, abrite aujourd’hui un musée retracant son histoire via un parcours audiovisuel et un plan-relief de 1794. Son complexe souterrain et ses cloches inaugurées en 2006 (dont une dédiée au commandant Teyssier) témoignent de son patrimoine vivant. Le Jardin pour la Paix, adjacent, symbolise sa réconciliation avec un passé tourmenté, tout en intégrant le réseau des grands sites mosellans.
Les origines médiévales de Bitche s’ancre dans les rivalités entre seigneurs lorrains et comtes de Deux-Ponts. Au XIIIe siècle, Eberhard II de Deux-Ponts, par son mariage avec Agnès de Bitche, unifie la seigneurie et en fait sa résidence. Les tensions dynastiques du XVIe siècle aboutissent à son rattachement au duché de Lorraine en 1563, avant les conflits avec la France. Richelieu s’en empare en 1634, prélude à son intégration définitive dans le royaume sous Louis XIV.
Les fortifications de Vauban, bien que démantelées puis reconstruites, résistent aux assauts autrichiens en 1744 grâce aux travaux du comte de Bombelles. La citadelle, modernisée par les Allemands après 1871, subit aussi des dommages en 1944-1945. Son classement en 1979 et ses restaurations récentes (comme le carillon de 2007) préservent ce symbole de la résistance militaire et de l’architecture défensive française.