Origine et histoire du Musée de la Loire
Le musée de la Loire naît en 1900 à Cosne-Cours-sur-Loire, porté par des notables locaux comme l’architecte Albert Pasquet et le poète Achille Millien. Installé initialement à l’hôtel de ville, il rassemble des dons variés (peintures, fossiles, monnaies) dans une visée pédagogique héritée de la Révolution. Les premières collections, hétéroclites, reflètent l’engouement citoyen : la Ville, le département, et des mécènes comme le marquis de Tracy financent son ouverture le 5 avril 1900.
En 1937, le musée déménage dans l’ancienne sous-préfecture, classée par thèmes (armes, étains, céramiques). Le 16 juin 1940, un bombardement détruit le bâtiment et une partie des œuvres, dont des dépôts de l’État. Sauvées par des familles comme les Giblin, les collections survivantes sont dispersées. Dans les années 1950, Georges Henri Rivière envisage un musée national de la Loire, projet abandonné malgré une exposition de préfiguration à l’Éden Cinéma.
Depuis 1991, le musée occupe l’ancien couvent des Augustins (inscrit aux Monuments Historiques en 1977). Il se structure autour de deux pôles : une collection ethnographique sur les métiers de la Loire (mariniers, lavandières) et une collection beaux-arts, enrichie par des legs majeurs. Celui d’Émile Loiseau en 1970 apporte des œuvres de l’École de Paris (Dufy, Utrillo, Chagall) et des objets extrême-orientaux. En 2020, le musée inventorie 2 113 pièces.
Les acquisitions reposent sur des dons, legs, achats et dépôts (musée d’Orsay, musée d’Art moderne de Paris). Parmi les legs marquants, celui d’Émile Fernand-Dubois (1952) lègue ses sculptures et archives, tandis que le legs Le Blanc de la Caudrie (1912) offre des étains, faïences et armes. Le musée obtient des labels (Musée de France en 2003, Accueil vélo en 2016) et développe une offre culturelle (visites guidées, expositions temporaires).
L’exposition permanente explore la Loire à travers des maquettes de bateaux, des faïences de Nevers et des outils de mariniers. La salle Louis et René Giblin présente les croyances fluviales (culte de saint Nicolas), tandis que la collection beaux-arts met en valeur des peintres comme Raoul Dufy ou Pinchus Krémègne. Des expositions temporaires et des conférences complètent cette programmation, ancrée dans le patrimoine ligérien et l’art moderne.
Le couvent des Augustins, bâtiment actuel, conserve des éléments historiques comme des sculptures de remploi et des meurtrières. Classé Monument Historique, il symbolise la résilience du musée, passé d’un projet municipal du XIXe siècle à une institution labellisée, mêlant mémoire fluviale et art international. Son accès handicapé et sa visite virtuelle reflètent une volonté d’ouverture au public.