Origine et histoire du Musée de la maison de dernière cartouche
Le musée de la Maison de la dernière cartouche est installé dans l’ancienne auberge Bourgerie à Bazeilles, théâtre d’un combat emblématique de la guerre franco-allemande de 1870. Les troupes de marine françaises, surnommées « marsouins », y résistèrent pendant des heures aux assauts bavarois, tirant leurs dernières munitions avant de se rendre. Leur courage impressionna même un officier ennemi, épargnant les survivants, tandis que le village subissait représailles et massacres en réponse à la participation des civils aux combats.
Dès la fin du XIXe siècle, l’auberge fut transformée en lieu de mémoire. Rachat en 1899 par Le Gaulois via une souscription publique, le site fut confié au Souvenir français en 1909. Son développement majeur intervint après 1950 sous l’impulsion du Comité des Traditions des Troupes de marine, aboutissant à une rénovation en 2005. Le musée expose aujourd’hui armes, uniformes, archives et le célèbre tableau Les Dernières Cartouches (1873) d’Alphonse de Neuville, symbole de l’héroïsme français.
À proximité, un ossuaire franco-allemand (1876–1878) rassemble les dépouilles de milliers de soldats tombés à Bazeilles, séparées par nationalité dans une crypte surmontée d’un monument. Le site inclut aussi un monument aux troupes de marine et un drapeau commémoratif, la Dernière Ancre. Fermé en 2004–2005 pour travaux, le musée reste un haut lieu de la mémoire militaire, illustrant à la fois la violence de la guerre et la résilience des combattants et civils.
Les collections permanentes retracent l’épisode via des objets authentiques : clefs de l’église brûlée, drapeaux d’ambulances, casques et sabres, ainsi que des photographies d’époque. L’étage, conservé en l’état, plonge le visiteur dans l’atmosphère des combats. Le tableau de Neuville, acquis en 1960, renforce la dimension symbolique du lieu, décrit comme une « icône de l’héroïsme patriotique » par Sylvie Patry, conservatrice au musée d’Orsay.
La bataille de Bazeilles fit près de 7 655 victimes en deux jours (2 655 Français et 5 000 Bavarois), marquant durablement le village. Les Bazeillais, déjà éprouvés par les destructions, perdirent nombreux des leurs. Le musée, labelisé Musée de France, perpétue leur mémoire tout en honorant les troupes de marine, dont la vaillance devint légendaire. Son adresse officielle, 12 avenue de la dernière cartouche, rappelle l’ultime résistance des soldats.