Frise chronologique
1618
Construction du logis initial
Construction du logis initial
1618 (≈ 1618)
Jean de Bellon érige un logis sans caractère défensif.
1624–1627
Premières fortifications
Premières fortifications
1624–1627 (≈ 1626)
Travaux dirigés peut-être par Jean de Bonnefons.
1635–1637
Occupation espagnole
Occupation espagnole
1635–1637 (≈ 1636)
Reconstruction du fort par les Espagnols.
1685
Transformation en prison d’État
Transformation en prison d’État
1685 (≈ 1685)
Création d’une aile de cellules pour détenus.
1687–1698
Emprisonnement du Masque de fer
Emprisonnement du Masque de fer
1687–1698 (≈ 1693)
Détenu le plus célèbre du fort.
1843–1856
Déportation des Algériens
Déportation des Algériens
1843–1856 (≈ 1850)
Centenaires de prisonniers de la smala d’Abd el-Kader.
1977
Création du musée
Création du musée
1977 (≈ 1977)
Ouverture officielle au public.
2021
Changement de nom
Changement de nom
2021 (≈ 2021)
Devenu *musée du Masque de fer et du Fort Royal*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le fort avec son puits espagnol et la zone militaire qui l'entoure : classement par arrêté du 27 juillet 1927
Personnages clés
| Jean de Bellon - Constructeur initial |
Bâtit le logis originel après 1618. |
| Jean de Bonnefons - Ingénieur présumé |
Dirigea peut-être les premières fortifications (1624–1627). |
| Vauban - Ingénieur militaire |
Proposa des améliorations en 1692 et 1700. |
| Honoré Allègre et Antoine Courmes - Entrepreneurs |
Construisirent l’aile des cellules (1689–1691). |
| Georges Vindry - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1973 à 1986. |
| Annie Arnaud - Archéologue |
Étudia les vestiges mis au jour en 1995. |
Origine et histoire
Le musée du Masque de fer et du Fort Royal, initialement nommé musée de la Mer jusqu’en 2021, est installé dans le fort Royal de l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes (Alpes-Maritimes). Classé Musée de France en 2003, il présente des vestiges archéologiques issus de fouilles terrestres et sous-marines, ainsi que des maquettes explicatives. Le fort, construit autour de citernes romaines, fut transformé en prison d’État en 1685, abritant notamment l’homme au masque de fer (1687–1698) et des prisonniers politiques comme les Mamelouks de Napoléon ou les protestants incarcérés pour crime de religion aux XVIIe–XVIIIe siècles.
Le Vieux Château, cœur du fort, date du XVIIe siècle et abrite aujourd’hui le musée et les anciennes prisons. Créé en 1977, le musée expose aussi des œuvres contemporaines et organise des expositions temporaires. Des fouilles archéologiques (1973–1986) ont révélé une occupation du site du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle apr. J.-C., avec des vestiges antiques comme un rempart et des maisons. Le fort, classé Monument Historique en 1927, fut aussi un lieu de détention pour des Algériens (1843–1856), dont un cimetière témoigne encore.
Le fort fut initialement bâti comme logis par Jean de Bellon (après 1618), puis fortifié entre 1624 et 1627. Occupé par les Espagnols (1635–1637), il fut repris par la France et modifié par Vauban (projets de 1692 et 1700), avec des ajouts comme un magasin à poudre et des casernes. Au XIXe siècle, il servit de casernement et de prison, avec des aménagements comme la batterie de la Convention (1860). Un mémorial huguenot (1950) y rend hommage à six ministres protestants emprisonnés à perpétuité.
Les fouilles de Georges Vindry (1973–1986) et les études d’Annie Arnaud (1995) ont permis de cartographier les sous-sols, révélant des structures antiques. Une tranchée de 30×5 m, protégée par une barrière, montre aux visiteurs le mur de rempart et le tracé des maisons. Le musée, labellisé pour son intérêt public, conserve aussi des œuvres d’art et des objets liés à l’histoire carcérale, comme la cellule du Masque de fer.
Le fort illustre les évolutions militaires et pénitentiaires de la région, passant de place forte stratégique à prison politique. Les expositions temporaires estivales et les vestiges archéologiques en font un site à la fois historique et culturel. La présence de prisonniers algériens (1841–1856) et de pasteurs protestants rappelle son rôle dans les conflits religieux et coloniaux, tandis que les aménagements du XIXe siècle reflètent son adaptation aux besoins militaires changeants.