Origine et histoire du Musée de la mine
Le Musée de la mine de La Machine, créé en 1983 dans la Nièvre (Bourgogne-Franche-Comté), est installé dans l’ancien siège administratif des Houillères. Il conserve la mémoire de l’exploitation charbonnière locale, active depuis le IIe siècle et intensifiée au XVIIe siècle sous Colbert, qui y introduisit une machine d’extraction belge donnant son nom à la ville. La compagnie Schneider rachète les houillères en 1865, modernise les puits (jusqu’à 700 m de profondeur), et modèle la cité autour des mines, employant jusqu’à 1 600 ouvriers au XXe siècle.
La fermeture du dernier puits en 1974, après la nationalisation de 1946 et la concurrence du pétrole, marque la fin de l’ère minière. Dès 1983, d’anciens mineurs transforment le site en musée pédagogique, combinant expositions (outils, fossiles, archives), visite du carreau de mine avec son chevalement, et galerie souterraine reconstituée. Une collection de 3 tonnes de minéraux et fossiles, offerte en 2015 par Serge Bonnotte (ancien mineur et paléontologue amateur), enrichit les fonds.
Le musée illustre aussi le quotidien des « gueules noires » : conditions de travail (sécurité, techniques d’extraction), vie sociale (cités ouvrières, loisirs, conflits), et patrimoine industriel (machine à vapeur, lampisterie). Deux circuits extérieurs complètent la visite, reliant les vestiges miniers disséminés dans la ville. Labellisé Musée de France, il propose des expositions temporaires et des animations guidées par d’anciens mineurs.
L’histoire de La Machine est indissociable du charbon, exploité artisanalement dès le Moyen Âge avant de devenir, avec Schneider, un pilier économique régional. Le « Système Schneider », paternaliste, organisa habitat, écoles et services pour les ouvriers. La mine ferma après le choc pétrolier, mais le musée perpétue cette mémoire collective, mêlant ethnologie, histoire technique et géologie (fossiles du Carbonifère).
Le site se compose de trois espaces : le musée (bureau du directeur, maquettes, collections), le carreau de mine (chevalement, salle des machines) et la galerie-école souterraine, visitée à la lueur des lampes de mineur. Les objets exposés, donnés par les anciens travailleurs, évoquent les drames, les innovations et la culture ouvrière, tandis que des vidéos et mises en scène restituent l’ambiance des puits.