Origine et histoire du Musée de la Révolution
Le musée de la Révolution française est installé dans le château de Vizille, en Isère, un édifice chargé d’histoire. Inauguré le 13 juillet 1984 à l’occasion des commémorations du bicentenaire de la Révolution, il occupe un lieu symbolique : la salle du jeu de paume où se réunirent, le 21 juillet 1788, les états généraux du Dauphiné, prélude aux bouleversements de 1789. Ce château, anciennement propriété des ducs de Lesdiguières, puis des Perier, fut aussi résidence d’été des présidents de la République jusqu’en 1972.
Le musée se distingue par ses collections uniques, incluant des peintures emblématiques comme La République française de Jean-Baptiste Wicar (1793), première représentation connue de la République, ou Le Peintre David dessinant Marie-Antoinette conduite au supplice de Van den Bussche. Il conserve également des objets historiques tels que des pierres de la Bastille, des sabres de la Garde nationale, et des bustes de figures révolutionnaires comme Robespierre, Danton ou Mirabeau. Son centre de documentation Albert-Soboul, riche de 27 000 titres, en fait une référence mondiale pour les chercheurs.
Le château lui-même, construit entre 1600 et 1619 par François de Bonne de Lesdiguières, a connu plusieurs incendies (1825, 1865) qui ont altéré son architecture, notamment la destruction de la galerie des batailles. Racheté par l’État en 1924, il devint un lieu de mémoire après 1983, sous l’impulsion du conseil général de l’Isère. Le musée organise annuellement des expositions temporaires et des colloques internationaux, renforçant son rayonnement culturel.
Le domaine de Vizille, classé Jardin remarquable, s’étend sur 100 hectares et intègre une réserve animalière depuis 1978. Transformé en parc romantique au XIXe siècle par Adolphe Perier, il conserve des éléments historiques comme le grand canal et des allées cavalières. Le musée, dont l’entrée est gratuite depuis 2003, attire un public varié, tandis que le domaine accueille plus de 800 000 visiteurs par an.
Parmi les œuvres phares, on compte Capet, lève-toi ! d’Émile Mascré (1835), illustrant le réveil du dauphin Louis XVII en prison, ou La Mort de Marat (copie d’atelier de David). Le musée acquiert régulièrement de nouvelles pièces, comme en 2016 La République française de Wicar, retrouvée en Italie. Son parcours muséographique, réparti sur cinq niveaux, explore des thèmes variés : droits de l’Homme, vie quotidienne sous la Révolution, ou encore son héritage artistique au XIXe siècle.
Le musée entretient un lien fort avec l’histoire locale, notamment via l’assemblée de Vizille de 1788, souvent considérée comme un prélude à la Révolution. Des personnages comme Antoine Barnave ou Jean-Joseph Mounier, avocats dauphinois présents à cette assemblée, y sont mis en avant. Le site, marqué par des événements comme la visite de Napoléon en 1815 ou celle du pape Pie VI en 1799, incarne à la fois un patrimoine architectural et une mémoire révolutionnaire vivante.