Classement monument historique 16 novembre 1984 (≈ 1984)
Protection des installations mécaniques.
2019
Mise en vente du site
Mise en vente du site 2019 (≈ 2019)
Après le décès du propriétaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Famille Lagrange - Fondateurs
Créateurs de la taillanderie en 1828.
Famille Philibert - Développeurs
Spécialisation dans les faux à partir de 1865.
Jean-Luc Mayaud - Historien
Auteur d’une brochure sur la taillanderie.
Origine et histoire
La taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne, fondée en 1828 par la famille Lagrange, était un atelier spécialisé dans la fabrication d’outils coupants comme les faux, essentiels pour l’agriculture locale. Située au lieu-dit La Doye, près du ruisseau de l’Arcange, elle utilisait l’énergie hydraulique pour actionner ses martinets et soufflets, un système ingénieux unique en Europe. Entre 1890 et 1914, l’usine employait 20 à 25 ouvriers et produisait 35 000 outils par an, dont 20 000 faux, représentant 1/20e du marché français. Son déclin débuta après la Première Guerre mondiale avec la mécanisation agricole, conduisant à sa fermeture en 1969, avec seulement trois ouvriers restants.
Classée monument historique en 1984, la taillanderie a conservé l’intégralité de ses équipements d’origine : martinets de 250 kg frappant à 150 coups/minute, soufflets en chêne de 2 tonnes chacun, et roues hydrauliques de 5 mètres de diamètre. Ces installations, alimentées par un aqueduc suspendu, formaient un ensemble mécanique exceptionnel, toujours fonctionnel aujourd’hui. Le site fonctionnait comme une ferme-atelier, où ouvriers et apprentis vivaient en communauté, isolés du village.
Depuis 1995, le musée attire 25 000 visiteurs annuels, proposant des démonstrations des martinets et une exposition sur la vie des forgerons. Représentative de la première industrialisation de Franche-Comté, la taillanderie intègre le réseau Engrenages, valorisant le patrimoine industriel régional. En 2019, sa mise en vente après le décès de son propriétaire a relancé l’intérêt pour ce site emblématique, symbole des petites entreprises qui ont marqué l’histoire économique locale.
L’architecture du site, inchangée depuis 1969, comprend plusieurs bâtiments et aménagements hydrauliques du XIXe siècle. La restauration a permis de remettre en état de marche les machines, offrant une immersion dans les techniques de forge traditionnelles. La taillanderie illustre aussi le déclin des métiers artisanaux face à la modernisation, tout en devenant un lieu de mémoire pour les savoir-faire disparus.