Origine et histoire du Musée de la Vénerie
Le musée de la Vénerie est un musée municipal de Senlis (Oise), créé en 1935 par Charles-Jean Hallo, un peintre animalier passionné de chasse à courre. À l'origine, il occupait la chapelle de l'ancien hôpital de la Charité, inauguré en 1887, mais les collections y étaient entassées dans un désordre tel qu'il fut décidé de les réorganiser autour du thème de la vénerie. Hallo dispersa une grande partie des collections historiques originales, échangeant les pièces non liées à la chasse contre des objets spécialisés, provenant de musées français ou de dons. Ce choix marqua une rupture avec le passé polyvalent du musée municipal, désormais centré sur un thème unique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le musée subit d'importants dommages et resta souvent fermé. À l'étroit dans la chapelle, la municipalité chercha un nouvel emplacement et acquit en 1956 le logis du prieur du prieuré Saint-Maurice, propriété de la famille Turquet de la Boisserie depuis 1816. Ce bâtiment du XVIIIe siècle, situé dans le parc des ruines du château royal de Senlis, fut rénové pour accueillir le musée, inauguré en 1958. Les travaux se poursuivirent jusqu'en 1979, date à laquelle les derniers étages furent ouverts au public. Le réaménagement fut supervisé par Georges de Lastic, qui préserva l'atmosphère chaleureuse d'une demeure habitée.
Les collections du musée s'articulent autour de la chasse à courre, avec des peintures, gravures, sculptures et objets liés à la vénerie impériale, aux forêts, aux chiens et au loup. Parmi les pièces majeures figurent des œuvres d'Alexandre-François Desportes (prêt du Louvre), de Jean-Baptiste Oudry, ou encore des aquarelles de la comtesse Mathilde Turquet de la Boisserie. Le musée expose aussi des tenues de vénerie, des trompes de chasse et des trophées, comme les bois de cerfs tués dans les forêts de l'Oise. À proximité, une copie de la Diane au cerf de Jean Goujon et un obélisque du XVIIIe siècle, initialement érigé pour célébrer la naissance de Marie-Thérèse de France, complètent le parcours.
L'histoire du musée est indissociable de celle de Senlis, ville marquée par la pratique ancestrale de la vénerie. Le choix de Charles Hallo reflétait l'importance culturelle de la chasse dans la région, tandis que l'acquisition du logis du prieur illustrait la volonté de la municipalité de valoriser ce patrimoine. Aujourd'hui, le musée, inscrit aux Monuments historiques, dialogue avec d'autres sites locaux, comme le musée d'art et d'archéologie (installé dans l'ancien palais épiscopal) ou le musée des Spahis, situé à l'entrée du parc du château royal.