Origine et histoire du Musée de la Vie Bourguignonne
Le musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin trouve ses origines dans les collectes ethnographiques de Maurice Perrin de Puycousin, débutées dès 1870 dans des régions comme le Tournugeois, la Bresse et le Mâconnais. En 1935, il offre à la ville de Dijon une collection de 1 914 objets pour fonder un musée régional, inauguré en 1938 dans l’Hôtel Aubriot. Ce premier espace, rattaché en 1949 au musée des Beaux-Arts, ferme en 1970 en raison de la détérioration des collections.
En 1984, le musée est transféré dans l’ancien monastère des Bernardines, un édifice du XVIIe siècle initialement construit pour les cisterciennes de l’abbaye de Tart. L’église, achevée en 1709, devient après la Révolution un dépôt d’œuvres d’art, puis un hospice en 1803. Le cloître, affecté au musée en 1980, rouvre en 1992 avec une muséographie modernisée. En 1993, le musée d’art sacré de l’église Sainte-Anne y est rattaché, enrichissant les collections.
Le musée présente un patrimoine rural bourguignon de la fin du XIXe siècle (mobilier, costumes, outils) et une reconstitution d’anciens commerces dijonnais (pharmacie, boucherie, épicerie). Une section est dédiée à l’histoire de la moutarde, spécialité locale, tandis qu’un fonds documentaire de 4 500 ouvrages et 110 périodiques complète les ressources. Les œuvres exposées incluent des peintures et sculptures évoquant la vie quotidienne, les fêtes traditionnelles et les paysages de Bourgogne.
Parmi les pièces notables figurent des toiles comme La moutarde de Dijon de François-Louis Lanfant de Metz (18e siècle) ou Les Gloires de la Bourgogne d’Henri-Léopold Lévy (1895), ainsi que des aquarelles et huiles représentant des scènes historiques, comme le Bombardement des tranchées de Raoul de Meixmoron (vers 1920). Le musée conserve aussi des sculptures, dont un Autoportrait en bronze d’Henri Bouchard et des terres cuites d’Henri Vincenot.
L’institution met en valeur des thématiques variées : ethnologie (costumes, habitat, métiers), histoire locale (industrie agroalimentaire, pratiques religieuses) et sciences techniques. Les collections illustrent à la fois la vie rurale traditionnelle et l’évolution urbaine de Dijon, à travers des objets du quotidien et des archives visuelles. Le monastère des Bernardines, classé aux monuments historiques, offre un cadre architectural remarquable pour ces expositions.