Origine et histoire de la Villa Gallo Romaine
La villa gallo-romaine de Séviac, située à Montréal-du-Gers dans le Gers (Occitanie), est un site archéologique majeur découvert au XIXe siècle. Elle s’étend sur un plateau à 135 mètres d’altitude, à proximité des rivières Auzoue et Argentans, évitant ainsi inondations et humidité. Ce lieu stratégique se trouve à une douzaine de kilomètres de l’ancienne cité antique d’Elusa (Eauze), soulignant son importance régionale.
La découverte du site pourrait remonter à 1864, lors de la construction d’une ferme. En 1868, l’abbé Monnier, curé de Labarrère, y découvre une mosaïque et sollicite des fonds pour des fouilles. Des campagnes sérieuses sont menées avant 1914, puis le site est abandonné jusqu’aux années 1950. En 1959, Paulette Aragon-Launet, inspirée par les récits de son père sur les fouilles de 1911, relance les recherches. Elle fonde en 1966 une association qui dirige les fouilles estivales pendant trente ans (1967-1997), avant que la commune de Montréal-du-Gers n’en devienne propriétaire en 2003.
Le site est célèbre pour ses mosaïques polychromes, attribuées à l’École d’Aquitaine et datées entre la fin du IVe et le milieu du Ve siècle. Ces œuvres, couvrant 625 m2, ornaient les espaces de réception et de circulation de la villa. Restaurées à partir des années 1990, elles sont aujourd’hui protégées par une structure translucide de 2 070 m2. Parmi elles, la mosaïque aux arbres (420-440) se distingue par son originalité artistique. D’autres objets, comme un orteil en bronze (disparu) ou des chapiteaux en marbre pyrénéen, témoignent de la richesse du site.
Occupé près d’un millénaire, le site évolue d’un modeste local au Ier siècle à une villa agrandie aux IIe et IVe siècles. Au VIe siècle, un baptistère y est construit, reflétant l’implantation du christianisme. La villa, structurée autour d’une cour-jardin de 30 mètres de côté, comprend des espaces domestiques, des thermes (avec tepidarium et caldarium), et des salles de réception. Après son déclin, les ruines servent de nécropole entre les VIIIe et XIe siècles.
Classé monument historique en 1978 (avec extensions en 2012 et 2014), Séviac intègre depuis 2008 le pôle archéologique Elusa Capitale Antique. Les fouilles ont révélé des objets du quotidien (lampes à huile, fibules, outils) et des fragments de statuettes, comme une Vénus anadyomène ou un putto. Ces artefacts, exposés temporairement, illustrent la vie aristocratique et artisanale de la villa.