Origine et histoire du Musée des Maisons comtoises
Le musée des Maisons comtoises est un écomusée de plein air créé en 1983 et inauguré en 1988 à Nancray (Doubs), à 15 km de Besançon. D’une superficie de 16 hectares, il rassemble une trentaine de bâtiments ruraux authentiques, démontés sur leur site d’origine puis remontés pour reconstituer des habitats typiques de Franche-Comté entre 1770 et 1950. Les intérieurs, meublés avec soin, illustrent l’évolution des modes de vie dans cette région agricole et forestière, tandis que des jardins thématiques (légumes oubliés, plantes tinctoriales) et des espaces dédiés aux animaux domestiques complètent l’immersion historique.
Le projet est né de la volonté de l’abbé Jean Garneret (1907–2002), qui s’inspira des musées de plein air scandinaves comme Sorgenfrei au Danemark. Après avoir fondé un musée paysan à Corcelles-Ferrières en 1955, puis transféré à la citadelle de Besançon en 1960, il lança les démarches administratives pour ce musée en 1973. Le site de Nancray, choisi pour son relief varié, permit d’implanter les maisons selon leur altitude et orientation d’origine. L’ouverture au public eut lieu le 1er juin 1988 avec cinq édifices, avant d’atteindre une trentaine aujourd’hui, représentant des fermes du Sundgau, des viennes à colombages, ou encore des fruitière à comté.
Les bâtiments exposés reflètent la diversité architecturale comtoise : toits en tavaillons du Haut-Doubs, maisons en grès rose des Vosges saônoises, ou caborde de vigneron du XIXe siècle transférée depuis Besançon en 2017. Autour des maisons, des jardins cultivés en agriculture biologique (potager de sorcière, plantes textiles) et un rucher du XIXe siècle soulignent les liens entre les Comtois et leur environnement. Le musée aborde aussi le développement durable à travers l’étude des ressources locales et des techniques traditionnelles, comme la cuisson du pain ou le filage de la laine, proposées lors d’animations quotidiennes.
Depuis 1997, le musée est géré par un syndicat mixte associant le Conseil départemental du Doubs et Grand Besançon Métropole. Labellisé Tourisme & Handicap, il est accessible aux publics en situation de handicap (visuel, auditif, moteur) et propose des visites en français, anglais et langue des signes. Ouvert d’avril à novembre, il inclut un restaurant servant des spécialités régionales et végétales de mai à septembre. Le site, desservi par la ligne 81 du réseau Ginko, met en valeur un patrimoine vernaculaire classé Musée de France, tout en sensibilisant à la préservation des races animales anciennes et des savoir-faire artisanaux.