Origine et histoire du Musée de Sens
Le Musée de Sens trouve ses origines au milieu du XIXe siècle, lorsque des collections issues des saisies révolutionnaires et de dons privés (comme celui d’Alfred Lorne) furent rassemblées dans l’ancien hôtel de ville, l’hôtel Vezou. En 1844, la Société archéologique de Sens y adjoignit des vestiges gallo-romains découverts dans les murailles de la ville. L’expansion des collections imposa un agrandissement en 1891, avec une aile dédiée aux lapidaires et aux peintures, puis une section préhistorique en 1950 grâce à Augusta Hure.
En 1985, le musée déménagea dans l’ancien palais des Archevêques, classé monument historique, adjacent à la cathédrale Saint-Étienne. Ce site regroupa alors les trésors de la cathédrale (étoffes byzantines, reliquaires, couronne d’épines), les collections de la Société archéologique, et des œuvres d’art allant de la préhistoire (trésor de Villethierry, 1 000 av. J.-C.) à l’époque contemporaine (Rodin, Brueghel le Jeune). Le musée ferme en 2024 pour rénovation et rouvrira en janvier 2026 avec un parcours modernisé.
Les collections phares incluent le trésor de Villethierry (488 épingles en bronze ornées, âge du bronze), les stèles gallo-romaines (comme celle des Deux époux âgés), et des pièces liturgiques exceptionnelles : la Sainte Châsse byzantine (XIIe siècle), la Sainte Coupe anglaise (XIIe siècle), et une partie de la couronne d’épines du Christ, offerte par Saint Louis en 1239. La tapisserie des Trois Couronnements (1476–1488), commandée par les Bourbon, illustre l’art flamand de l’époque.
Le musée conserve aussi des œuvres majeures comme La visite à la ferme de Louis Joseph Watteau, des bronzes de Rodin, et des céramiques de Jean Mayodon. Les salles souterraines exposent 40 stèles funéraires gallo-romaines, révélant la diversité sociale de l’époque (forgerons, nobles, gladiateurs). Le trésor de Saint-Denis-lès-Sens (242 monnaies gauloises en or, volé en 2012) et les tissus persans du trésor de la cathédrale comptent parmi les pièces les plus rares.
L’histoire du musée reflète l’évolution des pratiques muséales : d’un cabinet de curiosités au XIXe siècle à un espace patrimonial unifié dans un palais épiscopal. Les donations (famille Marrey, Raymond Subes) et les fouilles archéologiques locales (Charmoy, Passy) ont enrichi ses fonds. Fermeture temporaire pour travaux, sa réouverture en 2026 promet une mise en valeur inédite de ces collections plurimillénaires.