Origine et histoire du Musée de Vauluisant de la Bonneterie
Le musée de Vauluisant, aussi appelé musée de la Bonneterie, occupe l’hôtel de Vauluisant, un édifice Renaissance classé Monument Historique depuis 1904. À l’origine, le site appartenait au XIIe siècle à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Vauluisant. Détruit par l’incendie de 1524 qui ravagea Troyes, il fut reconstruit vers 1550 par Antoine Hennequin, receveur des tailles, qui érigea le pavillon à tourelles caractéristique. L’aile gauche, ajoutée au XVIIe siècle, fut initiée par Jean de Mesgrigny, seigneur de Marcilly, puis achevée en 1688 par François de Mesgrigny.
Acquis par la ville de Troyes en 1932, l’hôtel devint une annexe du musée Saint-Loup dédiée aux arts décoratifs. En 1948, il intégra les collections du conservatoire industriel pour former le musée de la Bonneterie, célébrant l’industrie locale de la maille. Rénové entre 1950 et 1957, il fut officiellement nommé musée de Vauluisant en 1959. Son architecture allie une façade Renaissance ornée de frontons et d’angelots, un porche en plein cintre, et deux tourelles encadrant une cour intérieure accessible par un escalier en fer à cheval.
Le musée se divise en deux sections : l’une consacrée à l’art champenois du XVIe siècle (peintures, sculptures, vitraux, éléments de maisons à pans de bois), l’autre à l’histoire de la bonneterie auboise, des métiers en bois aux machines industrielles. Les collections incluent des machines textiles, des bas et maillots historiques, ainsi qu’une salle didactique sur les vitraux troyens. L’hôtel, ancien siège du Grand Cercle Troyen au XIXe siècle, symbolise à la fois le patrimoine architectural de Troyes et son héritage industriel.
Classé pour son porche monumental, sa cheminée Renaissance et son blason familial, l’édifice conserve aussi des traces de son passé religieux. Le musée met en valeur des œuvres issues des églises locales, des fragments de pavements médiévaux, et des objets liés aux corporations de bonnetiers. Son emplacement face à l’église Saint-Pantaléon renforce son ancrage dans le tissu historique de la ville.
Les rénovations successives (1863 par le Cercle troyen, 1950–1957 par les Monuments Historiques) ont préservé ses décors intérieurs, comme les poutres apparentes et l’appareillage champenois. Aujourd’hui, le musée illustre l’âge d’or de la bonneterie auboise (XIXe–XXe siècles) tout en célébrant l’art Renaissance troyen, faisant de lui un lieu hybride entre histoire et industrie.