Origine et histoire du Musée de Vulliod Saint-Germain
Le musée Vulliod Saint-Germain a été fondé en 1942 grâce à la donation de François de Vulliod à la ville de Pézenas. Ce baron, héritier de l’hôtel de la comtesse Aymé Lefebvre de Saint-Germain (née Antoinette Laget), imposa comme condition que le lieu devienne un musée. L’hôtel, construit au XVIe siècle mais remanié au XIXe, abrite des portraits familiaux, dont ceux des Gaujal, famille piscénoise établie depuis la fin du XVIIe siècle, et d’Édith de Romeuf, épouse de Vulliod.
Les collections reflètent l’histoire de Pézenas, avec des armoires languedociennes classées, des tapisseries d’Aubusson du XVIIe siècle illustrant les exploits d’Alexandre le Grand, et des objets liés à Molière. Parmi ces derniers, un « fauteuil de Molière », acquis en 2009 par souscription nationale, proviendrait de l’échoppe du barbier Gély, où l’écrivain observait ses contemporains. Le musée conserve aussi des peintures, comme Apollon et les Muses de Nicolas Bertin (XVIIIe siècle), et des sculptures, dont un buste de Molière par Jean-Antoine Houdon (1773).
L’hôtel, donné avec ses tapisseries, ses cabinets sculptés et des collections scientifiques (géologie, paléontologie), s’enrichit en 1950 du legs du docteur Bastard. Les expositions temporaires, comme celles dédiées à Molière (Molière en ses costumes, 2018) ou aux faïences régionales, complètent cette offre. Le musée, labellisé Musée de France, met en valeur le patrimoine languedocien, des arts décoratifs à l’ethnologie, en passant par l’histoire locale et le théâtre.
L’intérêt pour Molière à Pézenas remonte à 1836, renforcé par Albert Paul Alliès en 1893. Le musée expose un médaillon le représentant en Saint Jean Baptiste, ainsi que des miniatures et souvenirs liés à son séjour. Les tapisseries d’Aubusson, inspirées de cartons de Lebrun, dialoguent avec les armoires languedociennes du grand hall, illustrant l’artisanat d’exception de la région. Les faïences du XVIIIe siècle (Moustiers, Montpellier) et les œuvres de peintres locaux (Jean Pillement, Émile Beaume) achèvent ce panorama culturel.
L’hôtel particulier, aménagé à la charnière des XIXe et XXe siècles par la comtesse de Saint-Germain, incarne l’héritage des familles nobles locales. Les Gaujal, descendants des Laget, y ont laissé leur empreinte, tout comme les Vulliod, dont les portraits ornent l’entrée. Le musée, géré initialement par les Amis de Pézenas, reste un témoignage de la vie aristocratique et artistique en Languedoc, des XVIe et XVIIe siècles à nos jours.